Espagne : la Commission passe outre l’avis médical pour l’euthanasie d’un homme dépressif
La Commission de garantie et d’évaluation de Catalogne (CGAC), l’organisme administratif chargé d’approuver ou de rejeter les demandes d’euthanasie, a accédé à la demande de Pere Puig Ribas, un homme de 54 ans souffrant de dépression chronique sévère. Il s’agissait de sa troisième requête. Pour la Commission, « aucune amélioration n’est prévue » (cf. Espagne : une euthanasie pour dépression refusée en raison des possibilités d’amélioration).
Pour accéder à l’euthanasie en Espagne, il faut d’abord en faire la demande auprès de son médecin traitant. En cas d’avis « favorable », un deuxième médecin, qui doit être spécialiste de la maladie du patient, l’examine 15 jours plus tard. En l’espèce, le médecin de Pere Puig Ribas avait émis un avis défavorable mais la Commission est passée outre. Sans constituer pour le moment un feu vert, cette décision relance la procédure.
La Commission considère qu’il est « établi » qu’il existe une souffrance psychologique grave et chronique, qui affecte « profondément » la « qualité de vie » du patient, et qui « entrave » son « autonomie personnelle ». Elle estime en outre que Pere Puig Ribas « a épuisé toutes les options de traitement disponibles » et qu’il existe « une forte probabilité » que sa situation ne s’améliore pas (cf. Belgique : à 31 ans, il renonce à l’euthanasie grâce à la réussite d’un traitement).
Des euthanasies pour dépression ou anorexie
En Catalogne, entre 2021 (année de l’adoption de la loi autorisant l’euthanasie) et 2024 (dernier exercice pour lequel des chiffres sont disponibles), 824 demandes ont été déposées et 361 ont abouti à l’euthanasie du patient[1]. Sur ces 824 demandes, 33 concernaient une pathologie mentale. Cinq des 361 euthanasies pratiquées en Catalogne au cours des trois dernières années l’ont été pour cause de troubles mentaux : trois pour « dépression grave », une pour « trouble affectif » et une autre pour anorexie mentale (cf. Colorado : un psychiatre propose l’aide médicale à mourir en cas d’anorexie mentale « terminale »).
Dans des pays où la pratique est autorisée depuis plus longtemps, comme la Belgique ou les Pays-Bas, les euthanasies pour souffrance psychique représentent entre 2,5 et 3 % du total des procédures (cf. Belgique : Siska, 26 ans, atteinte de « profonde dépression » a été euthanasiée ; Pays-Bas : l’euthanasie approuvée pour une femme de 29 ans souffrant de dépression chronique).
[1] Certains malades sont décédés en attendant la décision et d’autres ont « reporté » l’échéance.
Sources de la synthèse de presse : El Tiempo, Wendys Pitre Ariza (15/03/2026) ; El Periódico, Beatriz Pérez (15/03/2026)