Etats-Unis : les avortements en baisse dans les Etats qui les autorisent
Selon une nouvelle étude publiée par le Guttmacher Institute, un organisme favorable à la pratique de l’avortement, environ 518 940 IVG ont été effectuées par des praticiens aux Etats-Unis au cours des six premiers mois de 2025. Ce qui représente une baisse de 5% par rapport à la même période l’année précédente.
Le nombre de femmes ayant traversé les frontières de leur Etat pour recourir à l’IVG au cours de cette période a également diminué, d’environ 8%, par rapport à la même période en 2024. La baisse du nombre de femmes provenant d’un autre Etat et venant avorter dans l’Illinois a représenté « près des trois quarts de la diminution globale du nombre d’avortements pratiqués dans l’Etat ».
Le « renversement » de la tendance antérieure
Ces nouveaux résultats marquent un « renversement de la tendance » observée dans les précédentes études publiées par le Guttmacher Institute. En effet, le nombre d’avortements avait augmenté de 11% en 2023, l’année suivant la décision de la Cour suprême mettant fin à l’existence d’un « droit à l’avortement » (cf. Etats-Unis : la Cour suprême met fin au « droit à l’avortement »), par rapport à 2020.
En 2024, ce nombre n’avait que légèrement augmenté (de moins de 1 %) par rapport à l’année précédente. Les déplacements hors de l’État avaient, eux, déjà quelque peu diminué cette année-là par rapport à 2023.
Une baisse des déplacements pour avorter
La baisse la plus importante a été constatée dans les Etats qui ont interdit l’avortement après six semaines de grossesse en 2024, ainsi que dans les Etats limitrophes de ceux qui ont instauré une interdiction quasi totale. En Floride, par exemple, le nombre d’avortements pratiqués au cours des six premiers mois de 2025 a diminué de 27% par rapport à la même période l’année précédente. La Floride a interdit les IVG après six semaines de grossesse en 2024 contre 15 auparavant (cf. Floride : l’avortement interdit au-delà de six semaines de grossesse).
Isabel DoCampo du Guttmacher Institute indique que les analyses n’ont porté que sur les Etats où il n’existe pas d’interdiction « quasi-totale » des avortements. Selon elles, des femmes y résidant pourraient avoir avorté sur la période en se procurant des pilules abortives par courrier (cf. « Avortements par La Poste » et pression sur les femmes : les médecins britanniques alertent). Dès lors, « nous ne devons pas considérer ces estimations comme reflétant les tendances en matière d’avortement à l’échelle nationale », estime-t-elle.
Une « réévaluation » de la mifépristone
« Si l’accès à la mifépristone est remis en cause, nous prendrons des mesures pour le protéger », ont affirmé dans un communiqué commun lundi les ministres de la Justice de 19 Etats dont ceux de New York, de Californie et du Michigan. Le gouverneur de Californie a même promulgué une loi autorisant l’envoi de pilules abortives de façon anonyme (cf. La Californie adopte un projet de loi autorisant l’omission du nom des patientes sur les boîtes de pilules abortives).
La Food and Drug Administration (FDA) est en effet en train de conduire une « réévaluation » de la mifépristone (cf. IVG, « idéologie de genre radicale » : les Etats-Unis s’opposeront aux « objectifs de santé » de l’OMS). La substance autorisée depuis 2000 par la FDA est mise en œuvre dans « près de deux tiers » des avortements pratiqués aux Etats-Unis.
Sources de la synthèse de presse : Time, Chantelle Lee (30/09/2025) ; CNN, Deidre McPhillips (30/09/2025) ; AFP (29/09/2025) ; France 24, (30/09/2025) ; Fox, Adoreil Ayoubgoulan (30/09/2025)