Fin de vie : vers une législation sur l’euthanasie à Malte ?
A Malte, au terme d’une consultation publique portant sur l’euthanasie et le suicide assisté, le Premier ministre Robert Abela a annoncé le 2 juillet une future législation. Toutefois il assure que le nombre « volumineux » de contributions reçues sera examiné auparavant.
Plus de 30 organisations maltaises ont notamment lancé un « appel commun » demandant au gouvernement de rejeter l’introduction de l’euthanasie et de donner la priorité à l’investissement dans les soins palliatifs.
Parmi elles on recense entre autres The Malta Federation of Organisations Persons with Disability (MFOPD) et The Medical Association of Malta qui représente approximativement 1380 médecins.
Une euthanasie sous conditions
Le gouvernement envisage d’autoriser les euthanasies pour les personnes en mesure de manifester leur volonté, la demande ne pouvant émaner que du patient lui-même. Le seul fait de présenter l’euthanasie comme « une option » constituerait une infraction pénale.
En outre, selon les dispositions envisagées, la personne qui demande l’euthanasie devra être âgée de plus de 18 ans, souffrir d’une maladie incurable en phase terminale entraînant la mort dans les six mois, et « avoir épuisé tous les traitements et services thérapeutiques disponibles ». Une période de réflexion d’une semaine serait prévue.
Une proposition qui inquiète l’association des soins palliatifs maltaise. Les professionnels affirment en effet que les médecins qui indiquent qu’un patient a six mois à vivre ont tort dans environ 75% des cas.
L’insuffisance des soins palliatifs
Par ailleurs Robert Abela a déclaré que le gouvernement allait « renforcer » les soins palliatifs, avant de légiférer sur l’euthanasie, tout en précisant que les deux sujets seraient traités séparément. « Nous avons investis des millions d’euros afin de construire un centre d’excellence de soins palliatifs », a insisté le chef de l’Exécutif.
L’association médicale de Malte déplore pourtant la situation en matière de soins de fin de vie sur l’île qui ne permet pas, selon elle, d’envisager de légiférer sur l’euthanasie.
La secrétaire parlementaire pour l’Egalité et les Réformes, Rebecca Buttigieg, a déclaré que la fin de la consultation publique sur l’euthanasie « n’est pas la fin du processus de consultation », indiquant qu’elle allait rencontrer « dans les prochains jours » plusieurs partenaires sociaux à ce sujet.
Sources : Times of Malta, Daniel Ellul (03/07/2025) ; Malta today, Nicole Meilak (01/07/2025)