Inactiver des gènes pour améliorer l’efficacité des thérapies géniques ?

Publié le 18 septembre 2026
Inactiver des gènes pour améliorer l’efficacité des thérapies géniques ?
© iStock - Martin Philip

Lorsqu’elle doit délivrer une thérapie génique, une nanoparticule lipidique doit affronter toute une série d’obstacles, qui risquent de la rendre « au mieux inefficace, au pire nocive ». Et ce, avant même qu’elle ait atteint le noyau de la cellule ciblée pour en modifier son patrimoine génétique.

Partant de ce constat, des chercheurs de l’université du Wisconsin-Madison ont développé une plateforme permettant de passer au crible la quasi-totalité des gènes du génome humain, en établissant les relations entre mise au silence de certains gènes et amélioration des résultats des thérapies géniques. Des connaissances qui « pourraient éclairer la conception de nouvelles stratégies, telles que des prétraitements visant à désactiver temporairement ces gènes, afin d’améliorer l’efficacité des thérapies géniques, des vaccins à ARNm et des immunothérapies ».

Inactiver 2 gènes pour multiplier l’efficacité de l’édition génétique par 6

Au cours de ce projet qui a duré six ans, les chercheurs ont restreint leur liste de 19 144 gènes à 26 qui, une fois inactivés, augmentaient l’efficacité de l’édition génétique avec CRISPR-Cas9. Ils ont ensuite réduit leur liste à six, puis validé les deux placés en tête et testé les effets de leur inactivation dans des « systèmes cellulaires humains »[1].

L’inactivation de l’un ou l’autre de ces deux gènes (GJB2 et BET1L) a permis de « multiplier par plus de six » l’efficacité de l’édition réalisée avec des éditeurs de bases (cf. Edition de base : des embryons génétiquement modifiés avec une précision « sans précédent » ?).

La manière dont ces gènes « entravent l’édition », et les raisons de ce phénomène, « restent une question ouverte ».

Inhiber certains gènes en fonction des pathologies et des cellules visées

Les scientifiques ont ensuite testé leur approche sur des cellules rétiniennes issues de patients atteints d’amaurose congénitale de Leber, une maladie génétique de l’œil (cf. CRISPR : les premiers résultats d’un essai in vivo pour restaurer la vue). Ils ont constaté que l’inhibition des deux principaux gènes identifiés lors de leur criblage multipliait par plus de trois et demi l’efficacité de l’édition.

Les autres gènes identifiés lors du criblage pourraient s’avérer plus pertinents pour d’autres types de cellules et d’autres maladies, indiquent les chercheurs. Ces travaux ont été publiés dans la revue Nature Communications[2].

[1] Ils ont eu recours à de cellules iPS et des cellules embryonnaires de rein, vraisemblablement issues d’avortements. L’entreprise ATCC documente leur origine fœtale.

[2] Shivani Saxena et al, Genome-wide CRISPR screening identifies cellular factors controlling nonviral genome editing efficiency, Nature Communications (2026). DOI: 10.1038/s41467-026-76350-5

Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, University of Wisconsin-Madison (13/08/2026)