iPS : un « patch » pour réparer le cœur

Publié le 30 janvier 2025
iPS : un « patch » pour réparer le cœur

Des chercheurs ont testé chez des macaques rhésus et un patient humain un « patch cardiaque » visant à « réparer le cœur défaillant ». Leurs travaux [1], publiés dans la revue Nature [2], constituent une « étape importante » en vue d’une application clinique chez les patients souffrant d’insuffisance cardiaque avancée.

Ce patch, ou « muscle cardiaque artificiel » (EHM[3]), est cultivé en laboratoire. Il est composé de cellules cardiaques obtenues à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPS), et intégrées dans un hydrogel de collagène.

Avec leur essai, les chercheurs ont pu montrer que les patchs cardiaques implantés, constitués de 200 millions de cellules, amélioraient la fonction cardiaque en « remusclant » le cœur. « Le défi consistait à générer et à implanter suffisamment de cellules musculaires cardiaques à partir de cellules souches pluripotentes induites pour parvenir à une réparation cardiaque durable sans effets secondaires dangereux tels que l’arythmie cardiaque ou la croissance de tumeurs », explique le professeur Wolfram-Hubertus Zimmermann, chercheur à l’Universitätsmedizin Göttingen et responsable de l’étude.

Des résultats très prometteurs

Ces résultats sont « particulièrement encourageants ». En effet, « ces cellules, qui sont des cellules humaines, sont désormais encore plus ressemblantes à des cellules cardiaques et capables de se contracter 90 000 fois par jour », commente François Mach, chef du Service de cardiologie des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). « Le tissu cardiaque réparé présente des vaisseaux sanguins normaux, là où auparavant les cellules provoquaient des arythmies. »

Le médecin considère que, si les essais se poursuivent avec succès, ce type de transplantation cellulaire pourrait être proposé aux patients « d’ici à cinq ans ».

En outre, « au-delà de la cardiologie, cette percée dans le domaine des cellules souches reprogrammées pourrait également ouvrir des horizons pour d’autres pathologies » (cf. Glandes surrénales, yeux, moelle osseuse… Les cellules iPS, un couteau suisse ?).

 

[1] essai clinique BioVAT-HF-DZHK20

[2] Wolfram-Hubertus Zimmermann, Engineered heart muscle allografts for heart repair in primates and humans, Nature (2025). DOI: 10.1038/s41586-024-08463-0

[3] engineered heart muscle

Sources : Medical Xpress, Lena Bösch, Universitätsmedizin Göttingen – Georg-August-Universität (29/01/2025) ; rts, Pascal Jeannerat (29/01/2025)