IVG tardives : des grossesses souvent désirées par des femmes fréquemment victimes de violences conjugales

Publié le 16 mars 2026
IVG tardives : des grossesses souvent désirées par des femmes fréquemment victimes de violences conjugales
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Une étude publiée dans la revue Gynécologie, Obstétrique, Fertilité & Sénologie[1] s’est penchée sur le profil des femmes ayant recours à l’avortement entre 12 et 14 semaines de grossesse. Le délai autorisé pour avorter a été prolongé par la loi Gaillot, adoptée le 23 février 2022 après avoir été rejetée à trois reprises par le Sénat (cf. Avortement : Les députés adoptent définitivement la PPL Gaillot).

Des médecins du CHU de Lille ont réalisé une étude cas témoins des femmes ayant réalisé une IVG dans leur centre entre décembre 2022 et mai 2023. 422 femmes étaient concernées et 323 ont pu être inclues dans l’étude. Parmi elles, 30 ont eu recours à une IVG tardive.

Des grossesses plus souvent désirées

L’analyse montre que les femmes ayant fait interrompre leur grossesse après 12 semaines étaient plus souvent multipares (53,3 vs 28,0%) et sans emploi (43,3 vs 26,3%). En outre, « au moment de la grossesse, celle-ci était plus fréquemment désirée ou acceptée » (30,0 vs 3,8 %) « mais avait tendance à survenir plus souvent dans un contexte de séparation » (31,0 vs 10,3%) « et de violences conjugales » (41,4 vs 25,6%).

Avec son texte, Albane Gaillot (NI) entendait « renforcer le droit à l’avortement ». Et Marie-Noëlle Battistel (Socialistes et apparentés), rapporteur de la proposition, avait même affirmé que cette loi « reflète la société que nous voulons construire » (cf. IVG : une femme témoigne « ce n’était pas « mon choix », mais « ma peur »»). Pourtant, ce sont des femmes plus souvent sans emploi, qui acceptaient voire désiraient leur grossesse, qui se résignent à avorter dans un contexte de difficultés de couple, et parfois même de violences.

Est-ce vraiment cette société que nous voulons construire ?

[1] L Segui et al., Caractéristiques des femmes ayant recours à l’IVG entre 14 et 16 SA, Gynécologie, Obstétrique, Fertilité & Sénologie, Doi : 10.1016/j.gofs.2026.03.003 (13/03/2026)