« Jumeaux gestationnels » : une mère porteuse australienne accouche de deux enfants de parents différents
Au mois de novembre dernier, une mère porteuse australienne a donné naissance à des jumeaux, pourtant de parents différents. En effet, elle était tombée enceinte naturellement après avoir subi un transfert d’embryon dans le cadre d’une GPA (cf. GPA : une mère porteuse doit se battre pour récupérer son propre fils). C’est la première échographie, effectuée deux semaines après l’intervention, qui a dévoilé la présence de deux embryons. Des examens ultérieurs ont ensuite révélé qu’ils n’avaient pas les mêmes parents biologiques.
L’intervention de la justice
Une petite fille, provenant de l’embryon transféré, et un petit garçon issu quant à lui de l’union de la mère porteuse avec son compagnon, sont nés le même jour par césarienne. La petite fille a été remise aux commanditaires de la GPA et la filiation des nouveau-nés n’a fait l’objet d’aucun litige : chaque enfant est élevé par ses parents biologiques.
Mais une telle situation n’avait pas été envisagée par la loi et la justice de l’Etat du Queensland a dû s’emparer de l’affaire. En effet, la loi relative à la maternité de substitution interdit les situations où des « frères et sœurs de naissance »[1] issus d’une GPA seraient séparés.
Le tribunal a finalement statué que, « bien que les enfants soient des « jumeaux gestationnels », ils n’étaient pas des frères et sœurs de naissance au sens de la législation sur la maternité de substitution », et a rendu une ordonnance officialisant la filiation des parents biologiques.
Des enfants élevés « avec une compréhension, adaptée à leur âge, de leur place au sein du réseau familial élargi »
Un rapport rédigé par un conseiller indépendant pour le compte des parties a souligné « l’importance potentielle du fait que [les enfants] soient issus d’une naissance gémellaire ». « Cette relation est susceptible d’avoir, au fil du temps, une portée émotionnelle et développementale durable pour les deux enfants, même si ceux-ci sont élevés dans des foyers distincts », poursuit-il.
Les deux familles ont indiqué qu’elles souhaitaient que les enfants « grandissent en se connaissant et soient élevés avec une compréhension, adaptée à leur âge, de leur place au sein du réseau familial élargi ».
[1] terme défini comme désignant « un frère ou une sœur de l’enfant né(e) à la suite de la même grossesse »
Sources de la synthèse de presse : Ben Smee (27/08/2026) ; ABC, Janelle Miles (27/08/2026)