« La science avance plus vite que la capacité de la société à débattre de ce que ces avancées impliquent »

Publié le 28 novembre 2025
« La science avance plus vite que la capacité de la société à débattre de ce que ces avancées impliquent »
© Pixabay

Un chercheur en philosophie et bioéthique de l’Université de Hiroshima au Japon, Tsutomu Sawai, lance un appel en faveur d’une nouvelle approche de la bioéthique : « la discipline doit anticiper les évolutions sociétales, et non plus simplement y réagir ».

Il réagit en cela à une décision de son gouvernement. Fin juillet, un panel d’experts mandaté par l’Exécutif japonais a donné son accord pour lancer la création d’embryons humains à partir de gamètes artificiels, issus de cellules souches pluripotentes (cf. Le Japon autorise la fabrication d’embryons à partir de gamètes « artificiels »). Leur durée de culture serait limitée à 14 jours et leur implantation dans un utérus humain ou animal prohibé (cf. Des « modèles embryonnaires » plus difficiles à distinguer : l’ISSCR actualise ses recommandations).

Dans un article de correspondance de la revue Nature [1], Tsutomu Sawai sonne l’alerte : « la science avance plus vite que la capacité de la société à débattre de ce que ces avancées impliquent ». Il enjoint les autres philosophes de l’éthique à « entamer un débat à propos non pas des avancées qui ont déjà eu lieu, mais plutôt de celles que l’on peut prévoir », considérant qu’« il faut empêcher les scientifiques de précipiter leurs travaux dans des directions sur lesquelles la société n’a pas encore tranché ».

[1] Tsutomu Sawai, « Ethics must keep pace with embryo research« , Correspondence, Nature (Vol. 646) (28/10/2025)

Sources de la synthèse de presse : Phys.org, Hiroshima University (14/11/2025) ; Eurekalert (14/11/2025)