Le Luxembourg inscrit la « liberté » d’avorter dans sa Constitution
Le 3 mars, les législateurs luxembourgeois ont voté de faveur de l’inscription de « la liberté d’avorter » dans la Constitution du pays. Cet amendement fait du Luxembourg le deuxième pays à modifier ainsi sa Constitution, après la France en 2024 (cf. IVG dans la Constitution : la « liberté » des femmes au détriment de la liberté de conscience ?).
Peu de voix dissonantes
Pour le député Marc Baum, il s’agirait « de savoir de quel côté de l’histoire nous nous situons », « de savoir si nous sommes prêts et capables de défendre nos valeurs démocratiques ». Laurent Zeimet, président du parti chrétien-démocrate considère de son côté que ce vote reflète « les changements dans la société », affirmant être « en phase avec son temps ». Le député Gérard Schockmel s’est, lui, opposé à l’amendement constitutionnel, affirmant qu’il ne tient pas compte des « droits de l’enfant à naître ».
Sur les 60 membres du Parlement, 56 ont voté, les votes par procuration n’étant pas autorisés pour un amendement constitutionnel. Une majorité de 48 législateurs a soutenu la modification, six ont voté contre et deux membres du Parlement se sont abstenus. Une majorité des deux-tiers était nécessaire.
Un « droit » requalifié en « liberté »
En 2024, le parti déi Lénk avait soumis une proposition à la Chambre des députés visant à ajouter le « droit à l’avortement » à la Constitution du Grand-Duché, reformulé en « liberté » au cours du processus législatif. Présentée en mai 2025, elle avait été approuvée par le Conseil d’Etat au mois de juin (cf. Luxembourg : le Conseil d’Etat approuve l’inscription de l’avortement dans la Constitution).
Le Conseil d’Etat doit en effet examiner tous les projets de loi afin de s’assurer qu’ils sont « juridiquement valables » et conformes à la Constitution.
Un vote qui ne change rien ?
« Cet amendement n’augmentera pas le nombre d’avortements pratiqués », affirme la députée Sam Tanson. « Nous ne changeons rien. Nous garantissons. » (cf. « Dans un pays libre comme le nôtre, on doit pouvoir discuter pour savoir si l’embryon est ou non une personne humaine »)
A ce stade, le vote ne modifie pas les règles applicables. Une proposition de réforme visant à prolonger le délai d’avortement de 12 à 14 semaines a échoué lors de la phase de consultation sur la réforme constitutionnelle (cf. Avortement : le Luxembourg supprime le délai de réflexion). Un amendement visant à garantir le droit à la contraception n’a pas non plus été adopté.
Source de la synthèse de presse : Luxembourg Times, Cordula Schnuer (03/03/2026)