Les soins palliatifs manquent de moyens mais les militants de l’ « aide à mourir » s’apprêtent à sortir les petits fours
Alors que le Sénat vient de rejeter pour la troisième fois la proposition de loi relative au « droit à l’aide à mourir » et que son président, Gérard Larcher, a indiqué son intention de saisir le Conseil constitutionnel si le texte était voté le 15 juillet, les promoteurs du texte savourent déjà leur victoire annoncée (cf. Refuser d’être « la caution » d’un « texte extrême » : les sénateurs rejettent l’ « aide à mourir » pour la 3e fois et interpellent le Premier ministre).
Plus aucun obstacle ne semble désormais se dresser avant le vote définitif : le Premier ministre reste silencieux face aux appels de parlementaires inquiets et d’« éligibles » plus préoccupés encore. Les députés pourraient-ils changer leur vote exprimé deux semaines plus tôt ? Si l’on croit que non, alors le sort du texte est bel et bien scellé : le 15 juillet, la France devrait adopter le « droit à l’aide à mourir ».
Et en dépit du contexte budgétaire serré, d’une situation financière préoccupante qui contraint toujours plus les services publics parmi lesquels celui de la santé, les militants comptent bien fêter cette « victoire ». Les invitations sont déjà lancées. Laurent Panifous, le ministre chargé des relations avec le Parlement convie à une réception « à l’occasion du vote définitif sur la proposition de loi « Fin de vie » ». Prière de répondre avant le 9 juillet et d’indiquer ses « éventuelles contraintes alimentaires » précise le message d’invitation. Les membres de la Convention citoyenne y sont également conviés (cf. Convention citoyenne : la caution sociétale du projet de loi). Leurs frais de transport et d’hébergement seront pris en charge par le Cese (cf. Claire Thoury élue présidente du Cese, une institution « inutile » ?). « A rebours de toute décence », s’indigne David Lisnard sur X. « On ne “célèbre” pas un texte qui touche à la mort, s’insurge lui aussi Philippe Juvin sur le même réseau social. La gravité du sujet et l’inquiétude qu’il soulève exigent de la retenue. Le respect de l’argent public aussi. »
L’adoption de la proposition de loi relative aux soins palliatifs ne semble pas avoir suscité autant de réjouissances. Gageons d’ailleurs que les soignants auraient préféré consacrer le budget des petits fours à augmenter celui de leurs services. Alors que les épisodes de canicule ont à nouveau mis en lumière le manque de moyens des établissements de santé, cette « célébration » militante pourrait bien laisser un goût très amer à tant de patients en mal de soins.
Complément du 09/07/2026 : Suite aux vives réactions suscitées par l’organisation de cette « rencontre », Laurent Panifous a indiqué la « reporter ». « J’ai trop de respect pour le travail parlementaire, pour les différentes sensibilités sur un texte qui interroge nos convictions les plus profondes pour organiser un cocktail ou une célébration », assure le ministre. « Il n’en a jamais été question, contrairement à ce que laisse penser le mail d’invitation du Cese », prétend-il.