« Nous avons tous été un embryon »

Publié le 14 janvier 2025
« Nous avons tous été un embryon »

Il y a cinquante ans, la loi Veil a dépénalisé l’avortement (cf. 50 ans de la loi Veil : l’IVG, un « drame » devenu une « liberté »). Une victoire « comparable à celles de Pyrrhus » déplore Nicolas Tardy-Joubert, président de la Marche pour la vie. La « transgression » était telle que les « verrous » initialement prévus n’ont jamais fonctionné. Au contraire, au fil du temps, les esprits ont été travaillés afin de « poursuivre dans la voie tracée, d’élargir toujours plus l’accès à l’avortement » (cf. Avortement : Les députés adoptent définitivement la PPL Gaillot).

Voir la réalité

« Les conséquences sont désastreuses d’un point de vue moral, mais aussi en termes de santé publique, d’économie, de démographie » affirme Nicolas Tardy-Joubert. Mais cette réalité est « soigneusement cachée, comme la poussière mise sous le tapis » poursuit-il (cf. « Deuil caché » : « une réhabilitation de la souffrance » des femmes qui ont avorté).

Alors que les politiques familiales ont été réduites au fil des années, l’avortement n’a cessé d’augmenter en France atteignant un nouveau record en 2023 (cf. France : 243 623 avortements en 2023, un chiffre encore en hausse). Le nombre d’avortements pour 1 000 naissances est ainsi désormais de 360, « contre 154 en Allemagne et 171 en Italie » pointe le président de la Marche pour la vie. Ces deux pays ont en effet progressivement réussi à diminuer le nombre d’avortements, contrairement à la France qui ne mène aucune politique de prévention (cf. Italie : le Sénat permet une meilleure information des femmes souhaitant avorter).

L’avortement, « la matrice de l’exclusion »

« Alors que chacun veut, à juste titre, se faire le chantre de l’intégration des personnes en situation de handicap dans le monde du travail et dans la société, les personnes en situation de naitre sont, elles, éliminées, oubliées, méprisées » interpelle Nicolas Tardy-Joubert.

Bien qu’elles soient « un être humain » (cf. Pr Emmanuel Sapin : « La Constitution doit garantir le respect de la vie »), elles ne sont, paradoxalement, pas « une personne juridiquement parlant » (cf. « Quand on perd ses parents, on appelle ça un orphelin. Quand on perd un époux, on devient veuf. Mais quand on perd son gamin, il n’y a pas de mot. Et quand on perd un fœtus, il n’y a pas de loi ») dénonce-t-il. Pourtant, « nous avons tous été un embryon » relève le président de la Marche pour la vie qui considère que l’avortement est « la matrice de l’exclusion ».

« Protéger la vie humaine innocente envers et contre tout »

Il existe des solutions pour sortir de cette impasse affirme Nicolas Tardy-Joubert. « Nous portons, avec des associations partenaires, de nombreuses propositions » souligne-t-il (cf. Marche pour la vie : « Ce qui nous mobilise, ce qui nous enthousiasme c’est encore et toujours la vie ! »).

« Comme le village gaulois qui résistait encore et toujours à l’envahisseur », la Marche pour la vie descend, depuis cinquante ans, dans la rue pour « protéger la vie humaine innocente, envers et contre tout » (cf. Marche pour la vie 2023 : « Le seul droit fondamental c’est le droit à la vie »)[1].

 

[1] La prochaine édition aura lieu le dimanche 19 janvier

Source : Valeurs actuelles, Nicolas Tardy-Joubert (08/01/2025) – Photo : iStock