Pourquoi y a-t-il des embryons surnuméraires et que deviennent-ils ?

Publié le 1 mars 2025
Pourquoi y a-t-il des embryons surnuméraires et que deviennent-ils ?

Les embryons surnuméraires proviennent des procédures de fécondation in vitro (FIV), qui impliquent souvent (de moins en moins) la création de plusieurs embryons pour maximiser les chances de succès. Ceux qui ne sont pas implantés sont conservés par congélation. Ils peuvent ensuite être ré-implantés, donnés à d’autres couples, utilisés pour la recherche ou détruits, selon la volonté du couple géniteur. Ce sort pose une question essentielle : peut-on réduire ces embryons, pourtant pleinement humains, à de simples « restes » biologiques ? Leur devenir révèle une contradiction profonde entre l’intention procréative initiale et l’abandon progressif de leur statut humain.

Dans la pratique de la PMA, il est fréquent de produire un nombre important d’embryons pour un seul cycle de traitement. Ceux qui ne sont pas immédiatement implantés sont dits « surnuméraires ». Ils sont alors conservés sous azote liquide dans des banques d’embryons. Ce stockage peut durer plusieurs années, mais une décision doit être prise à terme : poursuite du “projet parental” et conservation de l’embryon en vue d’un transfert utérin, accueil des embryons par un autre couple, don à la recherche ou destruction immédiate.
L’existence de ces embryons « en attente » soulève des dilemmes majeurs : comment décider de leur sort ? Sur quels critères ? La logique utilitaire prend souvent le pas sur le respect dû à la vie. L’embryon est alors perçu comme un « excédent » dont il faut se débarrasser. En tout état de cause, c’est le couple ou la femme qui décide du sort de l’embryon et consent à son don.
Le nombre d’embryons stockés en France s’élève à plusieurs centaines de milliers.
Chaque embryon représente une vie humaine unique. Leur devenir mérite une attention éthique constante, loin des logiques d’efficacité biomédicale. Ils appellent à un devoir de respect, pas à une gestion comptable.