Suicide assisté : malgré le recours d’organisations de défense des personnes handicapées, un juge refuse de bloquer la loi de l'Illinois

Publié le 14 septembre 2026 . Mis à jour le 21 septembre 2026 à 11:50.
Suicide assisté : malgré le recours d’organisations de défense des personnes handicapées, un juge refuse de bloquer la loi de l'Illinois
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Le 10 septembre, un juge fédéral a refusé de bloquer la loi de l’Illinois sur le suicide assisté, en dépit d’un recours initié par des organisations de personnes handicapées (cf. A New-York et dans l’Illinois, des organisations de défense des personnes handicapées contestent les lois sur le suicide assisté). Le texte devait entrer en vigueur le 12 septembre.

La « grave atteinte » portée par un texte discriminatoire à la relation médecin-patient

La loi sur « les options de fin de vie pour les patients en phase terminale » (End-of-Life Options for Terminally Ill Patients Act, ou EOLA) a été promulguée en décembre par le gouverneur JB Pritzker (cf. Etats-Unis : l’Illinois devient le 12e Etat à autoriser le suicide assisté). Elle concerne les adultes dont l’espérance de vie est inférieure à six mois, selon l’avis de deux médecins indépendants. Les patients devront se soumettre à une évaluation visant à déterminer s’ils sont capables de s’administrer eux-mêmes la substance létale, s’ils ont « la capacité mentale de prendre cette décision » et s’ils ne subissent aucune contrainte.

Une coalition composée de personnes en situation de handicap, et d’organisations de défense des personnes handicapées et des patients, avait intenté une action en justice, tentant de faire valoir la « grave atteinte » que portera cette loi à la relation entre un patient en situation de handicap et ses médecins, ainsi que son caractère discriminatoire.

« Ce n’est pas de la médecine »

Comme à New York où un recours similaire a été rejeté au mois de juillet, un juge fédéral a refusé bloquer la loi de l’Illinois (cf. La dépénalisation du suicide assisté entre en vigueur dans l’Etat de New York).

Pour le juge John Tharp, la plaignante principale, Ebony Payne, n’a « pas réussi à prouver » qu’elle subirait un « préjudice irréparable » lorsque la loi entrerait en vigueur. « Les préjudices immatériels invoqués par Mme Payne reposent sur sa supposition selon laquelle les médecins de l’Illinois décideront, massivement, d’abandonner leurs obligations actuelles envers leurs patients », considère le juge dans son arrêt. « Elle n’a pas convaincu la Cour qu’il s’agissait d’autre chose que d’une simple supposition. » (cf. Australie : des personnes vulnérables ciblées et « aidées » à se suicider)

« Ce n’est pas de la médecine », a pointé l’avocat des plaignants, Thomas Geoghegan, à propos du suicide assisté. Mais le juge a répliqué que le libellé de la loi définit les substances létales comme « faisant partie des soins médicaux généraux » (cf. Handicap : « Dans un système qui ne garantit pas l’accès aux soins pour tous, l’aide à mourir n’est pas un choix »). Citant le cas de personnes réclamant de pouvoir recourir au suicide assisté, le juge Tharp considère que « selon ce point de vue, prodiguer des soins de fin de vie renforce le devoir de “ne pas nuire” plutôt que de l’annuler, car le fait de ne pas soulager la douleur et la souffrance constituerait en soi une cause de préjudice » (cf. Euthanasie : « ne pas se laisser enfermer dans le piège du choix truqué entre mourir ou souffrir »).

30 jours pour présenter de nouveaux arguments

Les plaignants ont également pointé le manque de contrôle. Un argument lui aussi évacué par le juge.

En rejetant leur demande d’injonction préliminaire, le juge Tharp a toutefois accordé aux plaignants un délai de 30 jours « pour présenter leurs arguments expliquant pourquoi l’affaire ne devrait pas être purement et simplement classée sans suite ». « J’ai l’intention de travailler avec [nos avocats] pour obtenir justice et défendre mes droits ainsi que ceux d’autres patients vulnérables », a déclaré Ebony Payne.

Dans le cadre d’un autre recours initié par des établissements de santé confessionnels et des médecins, un autre juge fédéral de Chicago a approuvé une ordonnance qui interdit toute sanction envers les plaignants s’ils refusent d’évoquer le suicide assisté avec leurs patients, dans l’attente d’une décision de la Cour d’appel du 7e circuit dans une affaire « portant sur des thèmes similaires ».

Aux Etats-Unis l’« aide à mourir » est autorisée dans 13 Etats et à Washington DC.

Complément du 21/09/2026 : La semaine dernière, 4 médecins musulmans soutenus par le Becket Fund for Religious Liberty ont initié un recours contre l’Etat de l’Illinois au sujet de la loi sur le suicide assisté. Ils dénoncent le fait que la loi viole leurs convictions « en les contraignant à fournir des informations et à faciliter cette pratique sous peine d’amendes et d’autres sanctions ».

Sources de la synthèse de presse : NPR, Hannah Meisel (10/09/2026) ; Axios, Carrie Shepherd (10/09/2026) ; Washington examiner, Jack Birle (18/09/2026)