Trois Etats américains font un pas vers l’euthanasie ou le suicide assisté
Aux Etats-Unis, le Delaware, le Nevada et l’Etat de New-York sont engagés, à des stades divers, vers la légalisation de l’euthanasie ou du suicide assisté.
Le Delaware prévoit l’entrée en vigueur de la loi en janvier 2026
Au Delaware, l’euthanasie sera légalisée après l’agrément du Gouverneur Matt Meyer, et la loi devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2026.
Parmi ses détracteurs, le sénateur Brian Pettyjohn argue du fait que cette loi « nie la valeur de la vie humaine ». Son collègue Jack Walsh est inquiet : « cette loi est la première étape vers une normalisation de l’euthanasie pour les personnes vulnérables », il évoque l’argument de la pente glissante. Par ailleurs, le Sénat a rejeté l’amendement qui demandait une évaluation psychiatrique du patient.
Au Nevada, un congrès partagé
Le 1er mai, l’Assemblée du Nevada s’est prononcée en faveur du projet de loi AB 346, selon lequel un patient en phase terminale pourrait avoir accès à une substance létale pour mettre fin à sa vie, à condition qu’il ait le discernement nécessaire à cette prise de décision. La mesure a été adoptée avec 23 voix favorables contre 19. Parmi ses partisans, on compte à la fois des républicains et des démocrates.
A présent, c’est au tour du Sénat de se prononcer. Le Gouverneur du Nevada, Joe Lombardo, est opposé à la légalisation du suicide assisté, estimant qu’« avec le développement des soins palliatifs et les progrès constants dans la prise en charge de la douleur, la proposition de loi AB 346 n’a pas lieu d’être ».
L’Etat de New York attend le vote du Sénat
Le lendemain du vote au Nevada, l’Assemblée de l’Etat de New York approuvait elle aussi l’« aide médicale à mourir » (Medical Aid in Dying Act). Si elle était adoptée par le Sénat, cette mesure autoriserait les médecins à prescrire une substance létale aux personnes majeures et capables de discernement, en phase terminale avec un pronostic vital inférieur à 6 mois. La démocrate Amy Paulin, Présidente de la Commission Santé de l’Assemblée, a déclaré porter cette proposition de loi en hommage à sa sœur, décédée d’un cancer.
Le Sénat doit se prononcer à son tour. Le sénateur Brad Hoylman-Sigal, démocrate lui aussi, prône avec ce texte le « choix individuel, l’autonomie et la possibilité de finir ses jours dignement, entouré de vos amis et de votre famille ».
La Conférence des évêques catholiques de l’Etat de New York rétorque que l’Etat devrait plutôt développer les soins palliatifs. Son porte-parole Robert Bellafiore est extrêmement inquiet : « Ce texte de loi dit aux jeunes, qui sont particulièrement sujets aux troubles psychiques à notre époque : si vous êtes accablé par le désespoir, le suicide est une option qui en vaut une autre » (cf. Effet Werther : « En légalisant le suicide assisté et l’euthanasie, on banalise le suicide »).
Sources : 3 News, Matthew Seeman (18/04/2025), Delaware online, Olivia Montes (17/04/2025), Spectrum News 1, Kate Lisa (01/05/2025), City and state New York (19/04/2025)