Un cœur de porc pour les bébés gravement malades en attendant mieux ?

Publié le 30 avril 2025
Un cœur de porc pour les bébés gravement malades en attendant mieux ?

Une équipe du Children’s Hospital Los Angeles (CHLA) affirme être la première à avoir démontré la possibilité d’utiliser des cœurs de porcs génétiquement modifiés comme « passerelle » potentielle vers la transplantation cardiaque pour les bébés gravement malades.

Le docteur John David Cleveland, chirurgien cardiaque à l’Institut de cardiologie de l’hôpital pour enfants de Los Angeles, a dirigé l’étude et présenté les résultats le 28 avril lors de la réunion annuelle de l’International Society for Heart and Lung Transplantation à Boston.

« L’objectif est de pouvoir utiliser des cœurs de porc au lieu de machines pour aider ces bébés jusqu’à ce qu’un cœur humain adéquat puisse être trouvé », explique-t-il. « Nous devons encore approfondir nos recherches, mais nos études montrent qu’il s’agit d’un modèle viable », assure le chirurgien. « Non seulement les résultats pourraient être meilleurs, mais un cœur de porc pourrait permettre aux bébés de rentrer chez eux en attendant un cœur humain, au lieu d’être connectés à un dispositif d’assistance ventriculaire à l’hôpital. »

Un protocole développé à partir de travaux chez le singe

Les chercheurs ont commencé leurs travaux il y a cinq ans, sur de jeunes babouins. A ce jour, 8 des 14 singes transplantés ont survécu plusieurs mois avec un cœur de porc. L’un des babouins a vécu 620 jours, soit près de 21 mois, « la plus longue période de vie d’un primate non humain avec un cœur de porc ». L’équipe est également parvenue à démontrer la possibilité de remplacer une xénogreffe par une allogreffe. L’un des deux babouins l’ayant subie a vécu jusqu’à 105 jours.

L’équipe du CHLA a développé un protocole mettant en jeu un médicament expérimental, le tegoprubart, un anticorps anti-CD40L qui vise à apprendre au système immunitaire à accepter un organe étranger comme étant le sien. Le protocole réduit également la durée pendant laquelle le cœur du « porc donneur » est « hors circulation », ce qui peut contribuer à réduire les risques de rejet. Les cœurs envisagés sont issus de porcs miniatures du Yucatan, obtenus dans le cadre d’un partenariat avec la société de biotechnologie eGenesis, spécialisée dans la xénotransplantation.

Pour le Dr Cleveland, la xénotransplantation pourrait avoir de meilleures chances de succès chez les bébés que chez les adultes plus âgés. En effet, l’équipe a constaté que les enfants n’ont pas d’anticorps « significatifs » contre les porcs, alors que la plupart des adultes en ont. « Le système immunitaire pédiatrique immature est bien plus capable d’accepter quelque chose de complètement étranger que le système adulte. »

 

Source : Medical Xpress, Children’s Hospital Los Angeles (28/04/2025)