Un échantillon de sang, un embryoïde et des « pièces de rechange » à disposition

Publié le 3 février 2026
Un échantillon de sang, un embryoïde et des « pièces de rechange » à disposition
© iStock - iLexx

« Et si chacun d’entre nous pouvait fabriquer ses propres pièces de rechange ? » C’est l’ambition poursuivie par la start-up Renewal Bio fondée par le professeur Jacob Hanna de l’Institut Weizmann et ses deux premiers doctorants, pour « révolutionner les greffes et la médecine anti-vieillissement » (cf. « Embryons de synthèse » humains : les annonces se multiplient).

Des embryoïdes comme ateliers à produire des cellules

« Nous fabriquons des stembroïdes », explique le Dr Ohad Gafni, cofondateur et directeur scientifique de l’entreprise. Le processus commence par la fabrication de cellules iPS à partir de cellules cutanées. Ces cellules sont alors assemblées en un « cluster cellulaire 3D », « simulant le développement embryonnaire précoce » (cf. Embryoïdes : l’ABM propose une « troisième voie » pour « encadrer » les recherches). « Ce qui rend notre système unique, affirme le Dr Gafni, c’est qu’il fournit aux cellules un environnement biologique complet. Elles peuvent se différencier en embryon lui-même, ainsi qu’en tissus extra-embryonnaires, placenta et sac vitellin, permettant une différenciation contrôlée et normale. » (cf. Des « modèles embryonnaires » plus difficiles à distinguer : l’ISSCR actualise ses recommandations)

L’entreprise indique publiquement avoir atteint un stade de développement des embryoïdes de 21 jours. En privé, elle avance 40 jours.

Une mise sur le marché d’ici 5 ans ?

Pour « recréer les conditions naturelles », Renewal Bio a développé un « incubateur spécialisé simulant l’utérus » : motilité, contrôle des gaz, température, humidité et pression (cf. Des « embryons de synthèse » de souris développés dans un utérus artificiel).

Le Dr Vladik Krupalnik, PDG et également cofondateur de la société, estime que les « produits » arriveront sur le marché « plus rapidement que prévu », peut-être d’ici 5 ans (cf. « La science avance plus vite que la capacité de la société à débattre de ce que ces avancées impliquent »). « Nous pouvons produire plus de 100 types de cellules différents », assure-t-il. « Notre premier produit sera des cellules de moelle osseuse, qui peuvent être utilisées pour des greffes chez des patients atteints de cancer et pour traiter des maladies orphelines. » (cf. Développement de l’intelligence artificielle : « la santé sert de prétexte »)

Créer une « fontaine de jouvence »

« Notre objectif, explique le professeur Hanna, est que toute personne ayant besoin de cellules pour une greffe puisse donner un échantillon de sang, et que nous produisions les cellules nécessaires, la moelle osseuse, les ovocytes pour les traitements de fertilité ou les cellules pancréatiques pour les diabétiques. » (cf. Les cellules iPS : pour le meilleur mais aussi pour le pire ?)

La technologie de Renewal Bio vise aussi le « rajeunissement biologique ». « Lorsque vous ramenez une cellule à son état naïf, vous effacez son âge », explique le professeur Hanna. « Peu importe que la cellule ait un mois ou 90 ans, une fois naïve, elle redevient aussi jeune qu’au jour de sa création. C’est littéralement une fontaine de jouvence. »

NDLR : Les chercheurs semblent occulter toutes les problématiques éthiques qui entourent la fabrication des embryoïdes ou « embryons de synthèse » (cf. Embryoïdes, blastoïdes, MEUS : des embryons créés pour la recherche). Des enjeux d’autant plus dissimulés par l’emploi d’un nouveau terme : les « stembroïdes ».

Sources de la synthèse de presse : Ctech, Hagai Gilboa et Maor Shalom Swisa (25/01/2026) ; Antonio Regalado sur X (02/02/2026)