Un Québécois coupable d’agressions sexuelles euthanasié : « Il ne sera jamais puni pour ce qu’il nous a fait »

Publié le 11 février 2025
Un Québécois coupable d’agressions sexuelles euthanasié : « Il ne sera jamais puni pour ce qu’il nous a fait »

Un Québécois reconnu coupable d’agressions sexuelles sur des mineurs a été euthanasié le 4 février dernier. Agé de 72 ans et souffrant d’une maladie incurable, il avait plaidé coupable deux ans après son arrestation pour des faits intervenus entre 1970 et 2002, ayant fait « au moins » cinq victimes. Alors qu’il devait être condamné à une peine de prison, « il n’aura finalement pas passé un jour derrière les barreaux ».

Des victimes privées de justice ?

« Il ne sera jamais puni pour ce qu’il nous a fait », déplore l’une de ses victimes. Certaines d’entre elles « ont l’impression qu’il restera toujours impuni ». « J’aurais voulu le voir en dedans », regrette l’une d’elles.

Même si une peine de prison attendait le septuagénaire, il est resté libre en attendant la décision. Sa demande d’euthanasie a été approuvée, car il « répondait aux critères ».

Une demande qui « varie beaucoup »

Au Canada, 41 détenus purgeant une peine fédérale de deux ans et plus ont demandé à recourir à l’« aide médicale à mourir » depuis 2020. Parmi eux, 11 ont été euthanasiés. Selon les données de Santé Canada, seules 4% des demandes n’aboutissent pas pour la population générale.

Le recours à l’euthanasie en prison « varie beaucoup », d’une année à l’autre. En 2023, elle représentait 2% des décès « de causes naturelles » derrière les barreaux. En 2022, ce taux était de 11%. Il est de 4% environ dans la population générale.

Un manque de données

Le processus est le même en prison ou à l’extérieur. Une fois un rendez-vous fixé pour examiner l’admissibilité du détenu, la procédure se poursuit à l’hôpital, « sauf dans des circonstances exceptionnelles ».

« Est-ce que les détenus qui n’ont pas vu leur demande aboutir sont morts dans d’autres circonstances ? », interroge le Dr Zinger, l’Enquêteur carcéral du Canada qui agit « comme un surveillant indépendant des pénitenciers ». « Est-ce qu’ils ont finalement changé d’idée ? Est-ce qu’ils ont été tout simplement refusés ? » Pour l’enquêteur, « impossible de le savoir ».

 

Sources : Le Soleil, Patricia Rainville (10/02/2025) – Photo : iStock