Une IA identifie des spermatozoïdes chez un patient atteint d’azoospermie
Des médecins du Columbia University Fertility Center ont mis en œuvre une intelligence artificielle (IA) afin d’identifier des spermatozoïdes chez des patients atteints d’azoospermie. Ils ont ensuite procédé à une fécondation in vitro qui a abouti à une grossesse chez un couple d’Américains qui tentait de fonder une famille depuis 19 ans.
Chercher « une aiguille cachée dans un millier de bottes de foin »
L’équipe dirigée par le Dr Zev Williams a mis au point un système combinant un algorithme d’intelligence artificielle pour détecter les spermatozoïdes et une puce fluidique qui fait passer l’échantillon de sperme dans un minuscule tube. Si l’IA détecte des spermatozoïdes, cette portion de l’échantillon est recueillie. Les quelques spermatozoïdes ainsi isolés pouvaient alors être stockés, congelés ou utilisés pour féconder un ovule.
Baptisé STAR (Sperm Track and Recovery), le système s’inspire d’approches similaires utilisées par les astrophysiciens pour détecter de nouvelles étoiles et planètes. « Si l’on peut regarder dans un ciel rempli de milliards d’étoiles et essayer d’en trouver une nouvelle, on peut peut-être utiliser la même approche pour examiner des milliards de cellules et essayer de trouver celle que l’on cherche », explique le médecin. « Je compare cela à la recherche d’une aiguille cachée dans un millier de bottes de foin, illustre-t-il. Mais [le système] peut le faire en quelques heures – et si délicatement que les spermatozoïdes que nous récupérons peuvent être utilisés pour féconder un ovule. »
STAR se distingue des autres systèmes d’IA en cela qu’il combine l’analyse avec la capacité d’isoler la « cible en question ». Le dispositif peut scanner huit millions d’images en une heure environ. « Dans l’un des échantillons analysés par des embryologistes pendant deux jours sans trouver de spermatozoïdes, STAR en a trouvé 44 en une heure », indique Zev Williams.
Une première grossesse
Après avoir traversé 15 parcours de fécondation in vitro sans succès, Rosie [1] et son mari ont eu recours au système STAR. Rosie est tombée enceinte en mars 2025 à l’âge de 38 ans. Après quatre mois de grossesse, tout semble indiquer que sa grossesse se déroule bien.
Selon le Dr Williams, l’azoospermie n’est qu’« un des nombreux problèmes d’infertilité » que l’IA pourrait résoudre.
Complément du 03/11/2025 : Les chercheurs ont publié leurs travaux dans The Lancet [2].
[1] Il s’agit d’un pseudonyme
[2] Suryawanshi, H., et al. (2025). First clinical pregnancy following AI-based microfluidic sperm detection and recovery in non-obstructive azoospermia. The Lancet. doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01623-X
Sources de la synthèse de presse : Time, Alice Park (10/06/2025) ; News medical, Columbia University Irving Medical Center (31/10/2025)