Une nouvelle ministre de la Santé favorable à l’« aide à mourir »
Ce dimanche Stéphanie Rist a été nommée ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées du Gouvernement Lecornu 2. Catherine Vautrin est désormais en charge des Armées quand Yannick Neuder avait indiqué ne pas souhaiter faire partie de l’Exécutif (cf. Nouveau Gouvernement : de futures dissensions en matière de fin de vie ?). Un choix posé « en conscience », « les conditions n’étant pas réunies pour prendre soin de la santé des Français et de nos soignants », déplore le ministre sortant.
« Dans ces moments très compliqués, j’ai accepté sans me poser de questions. On verra bien le temps que cela durera », a déclaré la nouvelle ministre[1].
Le 27 mai dernier, la députée Renaissance du Loiret s’était prononcée en faveur de la proposition de loi visant à instaurer un « droit à l’aide à mourir » (cf. « Peu de votes mettront autant en jeu notre conscience » : les députés adoptent en première lecture la proposition de loi sur les soins palliatifs et le texte relatif au « droit à l’aide à mourir »). Une adoption en première lecture « marquant une étape historique dans le débat éthique et sociétal en France », considère la rhumatologue[2].
« Personnellement, j’ai fait partie de ceux qui doutent », a indiqué l’élue à ses administrés. Invoquant « des situations rares mais bien réelles », elle considère que ces situations justifient un changement de la législation (cf. Euthanasie, soins palliatifs : « La loi envoie un message »). Et face à l’un des textes les plus permissifs au monde, Stéphanie Rist affirme que « l’aide à mourir telle que définie dans le texte est un droit limité et très encadré » (cf. « Droit à l’aide à mourir » : l’essentiel du texte sur lequel les députés vont se prononcer ; Une loi pour établir « un droit à une mort provoquée » au terme « d’une procédure anormalement expéditive » : le collectif Démocratie, Ethique et Solidarités publie son premier avis).
Charlotte Parmentier-Lecocq reconduite à l’Autonomie et aux Personnes handicapées
Pour l’assister, Charlotte Parmentier-Lecocq a été reconduite dans ses fonctions de ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Le Comité des droits des personnes handicapées l’avait pourtant mise face à ses mensonges après qu’elle avait réclamé que le « droit à l’aide à mourir » soit « accessible à toute personne en situation de handicap », « comme le prévoit la Convention des droits des personnes en situation de handicap des Nations unies » (cf. « Droit à l’aide à mourir » : l’ONU interroge la France, elle botte en touche).
Suite à ces déclarations, le Comité avait demandé des « mesures visant à garantir que les autorités de l’État partie s’abstiennent d’affirmer dans les médias publics et les réseaux sociaux que le Comité soutient la légalisation de l’euthanasie » (cf. « Aide à mourir » : le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU épingle la France).
« L’un des premiers gros dossiers » portera sur le budget de la Sécurité sociale, a déclaré Stéphanie Rist, expliquant s’en occuper « depuis plusieurs années ». Face à la pression militante, émanant notamment de la présidente de l’Assemblée nationale, la nouvelle ministre fera-t-elle également de l’« aide à mourir » une priorité ? (cf. L’euthanasie : une priorité seulement pour les militants)
[1] La République du centre, « J’ai accepté sans me poser de questions »… Stéphanie Rist, députée du Loiret, nommée ministre de la Santé !, Anne-Marie Coursimault (12/10/2025)
[2] Stéphanie Rist, Les raisons de mon vote sur l’aide à mourir (04/06/2025)