Arrêt des traitements : un patient soumis à une décision contraire à sa volonté pour la deuxième fois

Publié le 12 mars 2026
Arrêt des traitements : un patient soumis à une décision contraire à sa volonté pour la deuxième fois
© Pixabay

Pour la deuxième fois en quatre ans, Jean-Claude Seknagi fait l’objet d’une décision d’arrêt des traitements (cf. Jean-Claude Seknagi : aujourd’hui sorti du coma, il aurait pu être « débranché »). Sa famille a donc à nouveau décidé de faire appel à la justice. Hospitalisé pour une pneumopathie, son état s’est « rapidement aggravé ». Jean-Claude Seknagi a été placé dans le coma le 16 février.

Le 23 février, le tribunal administratif de Montreuil a entendu les requérants et le 3 mars, le juge des référés a ordonné une expertise afin de statuer sur la levée ou non de la décision de l’hôpital Avicenne. Dans l’attente du rapport des médecins experts, la décision du corps médical est suspendue.

Un précédent en 2022

En 2022 déjà, Jean-Claude Seknagi avait passé quatre mois dans le coma à l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay-sous-Bois. Et l’équipe médicale avait décidé d’une procédure de « limitation ou d’arrêt des traitements » (LAT). Sa famille avait alors saisi le tribunal administratif de Montreuil.

« Aucun traitement curatif objectif ne peut être proposé à ce jour », assurait l’un des experts mandatés par le tribunal. « Dans ce contexte, la poursuite des soins actifs ne peut être qualifiée que d’obstination thérapeutique. Aucun patient à travers le monde, dans la même situation que M. Seknagi, n’a réussi à sortir et vivre après une aussi longue période de séjour en réanimation. »

Le tribunal administratif de Montreuil avait toutefois décidé d’annuler la décision d’arrêt des traitements et ordonné le maintien en vie du patient. Quelques semaines plus tard, Jean-Claude Seknagi sortait du coma et avait fini par retrouver son domicile (cf. Un hôpital poursuivi pour avoir voulu débrancher un patient aujourd’hui « bien vivant et heureux » ; Fin de vie : un hôpital condamné pour une décision litigieuse d’arrêt des traitements). « Le patient illustre les limites de nos capacités en situation incertaine » avait dû reconnaitre l’un des neurologues désignés pour mener l’expertise.

« On ne veut pas remettre en cause le système. On veut que sa volonté soit respectée »

Me Luiza Gabour, l’avocate de la famille, a dû rappeler une fois de plus au tribunal que les directives anticipées de Jean-Claude Seknagi, qui datent de 2022, précisent qu’il veut « bénéficier de tous les traitements jusqu’au bout ». « Quand il y a des directives anticipées, il faut les respecter, la volonté du patient n’a pas été recherchée », dénonce-t-elle.

Selon la loi, les médecins ne sont pas nécessairement tenus de respecter les directives anticipées du patient si elles « apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale »[1]. « La volonté du patient est fondamentale, mais elle n’est pas toute-puissante » défend ainsi l’avocat de l’hôpital, Me François Pinet.

Ilan Seknagi, le fils de Jean-Claude Seknagi, insiste : « Certaines personnes ne veulent pas vivre ainsi, et je le comprends. Mais lui a envie de vivre ». d« On ne veut pas remettre en cause le système. On veut que sa volonté soit respectée ».

[1] article L. 1111-11 alinéa 3 du Code de la santé publique

Sources de la synthèse de presse : Le Parisien, Alexandre Arlot (04/03/2026) ; JIM, Quentin Haroche (27/02/2026)