Italie : une autogreffe de macula permet à une patiente de retrouver la vue, une « première mondiale »
Elena, une patiente italienne de 67 ans devenue aveugle il y a cinq ans, a retrouvé la vue suite à une autogreffe de macula, la partie centrale de la rétine. L’intervention a été pratiquée à l’hôpital Molinette de Turin a annoncé l’établissement dans un communiqué de presse lundi 27 juillet. Elle serait une « première mondiale ».
« Reconstruire un œil capable de voir à partir des deux yeux qui étaient auparavant déficients »
Un grave accident de la circulation « avait provoqué une lésion irréversible du nerf optique de l’œil gauche, entraînant une perte de la vision car la lumière ne pouvait plus être transmise de l’œil au cerveau. Toutefois, les structures de l’œil étaient restées intactes », explique l’hôpital italien. « A l’inverse, son œil droit, déjà atteint de maculopathie, avait subi des lésions ayant irrémédiablement endommagé la rétine et la transparence de la cornée. La destruction totale de la zone contenant les cellules souches rendait impossible une greffe classique de cornée, condamnant la femme à la cécité depuis plusieurs années ».
« En exploitant les tissus sains, mais désormais inutilisables de l’œil gauche, les médecins ont prélevé puis transféré dans l’œil droit un bloc anatomique complet comprenant la cornée, la sclère, la conjonctive et, pour la première fois au monde, la partie centrale de la rétine (la macula) » poursuit le communiqué. « Ce déménagement biologique a permis de reconstruire un œil capable de voir à partir des deux yeux qui étaient auparavant déficients ». L’opération, « très complexe », a duré six heures.
« Les premiers résultats sont encourageants »
Plusieurs semaines après son intervention, la patiente ne présente ni signe de rejet, ni dégradation de la vision. Elle a pu quitter l’hôpital. « Les contrôles cliniques confirment la réussite de la prise de greffe des tissus transférés ainsi que la récupération fonctionnelle progressive de l’œil, qui devrait permettre à Elena de retrouver son autonomie quotidienne, désormais accompagnée, mais non plus guidée dans l’obscurité par son fidèle Joe, son chien », indiquent les médecins.
« Jusqu’à aujourd’hui, la greffe simultanée du segment antérieur n’avait été réalisée qu’une seule fois au monde, tandis qu’il n’avait jamais été possible de transplanter la zone centrale de la rétine, affirme le communiqué. Nous devons maintenant attendre pour voir dans quelle mesure la rétine greffée sera capable de fonctionner, mais les premiers résultats sont encourageants » ajoute l’établissement.
Pour le moment cette intervention n’a donné lieu à aucune publication scientifique. « Il n’est à ce stade pas possible d’évaluer objectivement la technique, sa reproductibilité ou les résultats annoncés » relève le professeur Michel Paques, chef de service d’ophtalmologie à l’Hôpital national des 15-20 et spécialiste des pathologies rétiniennes.
« Je me sens comme un nouveau-né qui regarde le monde pour la première fois »
« La plus grande récompense pour nous tous a été l’incroyable moment où Elena, en rouvrant les yeux, a enfin pu reconnaître les visages de son fils et de son chien d’assistance Joe » se félicite le Pr Michele Reibaldi, chef du service d’ophtalmologie de l’hôpital Molinette.
« Je suis super contente », « je me sens comme un nouveau-né qui regarde le monde pour la première fois » explique quant à elle la patiente. « J’attends de pouvoir voir ma petite-fille qui est sur le point de naitre dans quelques jours » se réjouit-elle.
Sources de la synthèse de presse : JIM, Quentin Haroche (28/07/2026) ; AFP (27/07/2026)