PMA, GPA : les grossesses issues d’un don d’ovocytes plus à risque

Publié le 11 septembre 2025
PMA, GPA : les grossesses issues d’un don d’ovocytes plus à risque
© iStock - JLco - Julia Amaral

Alors que les grossesses impliquant un embryon qui ne partage pas l’ADN de la femme enceinte sont de plus en plus courantes, de nouvelles données suggèrent que ces grossesses peuvent s’accompagner d’un taux plus élevé de complications. Des complications qui incluent la prééclampsie, le diabète gestationnel et une naissance prématurée, et dont les femmes ne sont souvent pas informées des risques.

Les grossesses n’impliquant pas l’ovule de la femme enceinte relèvent de trois types de situations : les fécondations in vitro avec don d’ovocyte, les gestations par autrui (GPA) et les « FIV réciproques »[1]. Dans ce dernier cas, « une femme d’un couple homosexuel (ou un homme transgenre) fait don de son ovule à sa partenaire, afin que toutes deux aient un lien biologique avec l’enfant » (cf. Interdire la ROPA pour éviter « toute dissociation de maternité » : la CEDH donne raison à l’Allemagne).

Les FIV avec don d’ovocytes plus à risques…

Les auteurs d’une étude en cours de publication[2] ont effectué différents types de comparaisons.

Une analyse de 11 études comparant des FIV mettant en œuvre des ovules de donneuses à des FIV réalisées avec les ovules de la mère a révélé que les grossesses avec ovules de donneuses présentaient des taux « significativement plus élevés » de troubles hypertensifs chez la mère, ainsi que de naissances prématurées et de bébés petits pour leur âge gestationnel. Une autre étude portant spécifiquement sur la prééclampsie dans le cas de fécondations in vitro a révélé que cette affection touchait 11,2 % des grossesses issues d’un don d’ovocytes, contre 3,9 % des grossesses issues d’ovocytes propres.

… tout comme les GPA et les ROPA

L’examen de huit recherches portant sur la GPA a elle montré que la maternité de substitution impliquant une donneuse d’ovocytes différente de la mère porteuse est associée à des taux plus élevés de troubles hypertensifs et de diabète gestationnel que la GPA ayant recours aux ovules de la mère porteuse (cf. Gestation pour autrui, avec ou sans lien génétique : 2 modalités d’une même réalité), ou à ses grossesses naturelles précédentes.

Les données sur la « FIV réciproque » sont plus limitées. Une étude réalisée en 2022 auprès de 21 femmes ayant subi cette procédure indique que des troubles hypertensifs sont survenus chez 23,8 % d’entre elles, contre 12,9 % des 62 femmes hétérosexuelles ayant utilisé leur propre ovule, et que le diabète gestationnel est survenu chez 9,5 % d’entre elles, contre 1,6 % chez les autres femmes. La seule étude comparant directement la « FIV réciproque » à la FIV avec ses propres ovules chez les couples de femmes est un résumé de conférence non publié, qui a révélé un taux de fausses couches plus élevé (19 % contre 14 %), mais n’a fait état d’aucun résultat quant à la mère ou à l’enfant.

« Les femmes méritent d’obtenir des informations complètes et impartiales sur les risques »

« Malgré le peu de données disponibles, les entreprises spécialisées dans la fertilité commercialisent souvent la gestation pour autrui et la FIV réciproque comme des options raisonnablement sûres, dénoncent les auteurs de l’étude. Cependant, la plupart des recherches proviennent de cliniciens affiliés à des cliniques de fertilité. » (cf. L’ANDDE : une association militante qui veut peser sur la prochaine loi de bioéthique)

« Les femmes méritent d’obtenir des informations complètes et impartiales sur les risques, pointent les auteurs de l’étude. Cela inclut le fait de savoir que porter l’ovule d’une autre personne peut augmenter le risque de complications pendant la grossesse. »

[1] Egalement appelée ROPA (récéption de l’ovule de la partenaire » ou « co-FIV »

[2] Phoebe Barry et al, The outcomes of surrogate pregnancy using a donor egg compared to the surrogate’s egg: a systematic review, Preprints (2025). DOI: 10.22541/au.174919886.60741282/v1

Source de la synthèse de presse : Catherine Meads, Anglia Ruskin University (10/09/2025)