R. Frydman : ne pas définir l'embryon
René Frydman, chef du service de gynécologie obstétrique à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart, estime qu’il « faut bien distinguer le clonage reproductif du clonage thérapeutique, c’est à dire de la recherche sur le pré-embryon qui devrait être autorisée sous conditions« .
Il revient sur la technique même du clonage qui aboutit par « des mécanismes inconnus » à un « état embryonnaire« . Au 6ème jour de culture in vitro, les cellules souches du « pré-embryon » vont être prélevées et celui-ci détruit. Mais à cause des risques de rejet de ces cellules par l’organisme humain, René Frydman propose qu’on puisse avoir recours au clonage. Pour lui, c’est « l’opposition à la recherche sur l’embryon et tout particulièrement à la création de « pré-embryon » pour la recherche » qui motive les opposants au clonage thérapeutique.
Les discussions se cristallisent donc autour de la définition de l’embryon. Qu’est-ce que le début de la vie ? Un « embryon », un « oeuf humain segmenté », un « pré-embryon » ? René Frydman estime que l’embryon « avant le stade de l’implantation peut être considéré selon le destin qui lui est dévolu« . Tout dépend de l’usage qu’on veut en faire : si on veut le réimplanter chez une femme, c’est un embryon qu’il faut respecter, si on le destine à la recherche, c’est un « pré-embryon« , « un amas de cellules » qui peut être détruit. Il reconnaît pourtant que « la réalité est certes physiologiquement la même mais n’a pas la même connotation morale« .
Il souhaite que la technique du clonage et la recherche sur l’embryon cloné soient autorisées. « Nous sommes responsables devant nous-mêmes et les générations qui nous suivent de application des outils formidables et parfois redoutables dont la science nous a dotés« .
Libération (René Frydman) 28/02/03