Rendre une personne plus altruiste grâce à la stimulation cérébrale ?

Publié le 18 février 2026
Rendre une personne plus altruiste grâce à la stimulation cérébrale ?
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Rendre une personne plus altruiste en stimulant certaines zones de son cerveau : selon une étude publiée dans PLOS Biology[1], ce serait possible. Le Pr Jie Hu, de l’Université normale de la Chine de l’est, à Shanghai, et ses collègues de l’Université de Zurich ont mené une expérience sur l’altruisme en stimulant deux zones du cerveau de telle façon qu’elles fonctionnent simultanément et à la même fréquence (cf. « Contrôler ou libérer nos cerveaux ? » L’Inserm tient une journée sur « la tension éthique des neurotechnologies »)

Expérience : le « jeu du dictateur »

Les chercheurs ont convié 44 participants à un total de 540 parties du « jeu du dictateur ». Un premier joueur se voit attribuer une somme d’argent, qu’il doit partager avec un deuxième joueur. Le premier joueur choisit lui-même le montant qu’il souhaite donner à l’autre participant. Dans cette version du jeu, le récipiendaire doit accepter l’offre quelle qu’elle soit, il n’a pas la possibilité de refuser le don et de faire perdre son argent au premier joueur, comme c’est le cas dans la version appelée « jeu de l’ultimatum ».

Les effets d’une stimulation neuro-électrique sur le comportement altruiste

Pendant l’expérience, les scientifiques exerçaient une stimulation de l’activité neuro-électrique des lobes frontal et pariétal des joueurs. Il s’agissait de faire fonctionner ces deux zones avec la même oscillation électromagnétique, alternativement avec une fréquence alpha (entre 8 et 12 Hz, qui correspond à un état mental apaisé) ou gamma (supérieure à 35 Hz, comme lors d’une réflexion intense) (cf. Quantifier les états de conscience avec l’IA ?). Les chercheurs ont observé que lorsque les lobes frontal et pariétal émettaient une activité neuro-électrique alignée sur une fréquence gamma, les participants étaient plus susceptibles d’avoir un comportement altruiste, avec le don d’une somme plus importante.

Une avancée vers une meilleure compréhension des mécanismes de coopération ?

L’expérience ne montre pas l’effet de la stimulation sur l’activité neuronale, il faudrait pour cela y ajouter le recours à un électro-encéphalogramme. Pour autant, comme le souligne le professeur de neuro-économie et neurosciences de la décision Christian Ruff, l’équipe de chercheurs aurait « identifié un modèle de communication entre lobes cérébraux qui serait lié aux décisions altruistes ». Il ajoute que cette découverte serait « un grand pas dans la compréhension du fonctionnement du cerveau dans le domaine des conduites sociales et donc une avancée dans la recherche sur les mécanismes de coopération » (cf. Le Chili veut garantir les droits du cerveau).

[1] Hu J, et al. Augmentation of frontoparietal gamma-band phase coupling enhances human altruistic behaviorPLOS Biology (2026). DOI: 10.1371/journal.pbio.3003602

Source de la synthèse de presse : Medical Xpress, Public Library of Science (10/02/2026)