Australie : le site gouvernemental Medicare hacké par un agent OpenAI

Publié le 29 septembre 2026
Australie : le site gouvernemental Medicare hacké par un agent OpenAI
© iStock - imaginima

C’est le premier cas répertorié de hacking d’un organisme gouvernemental par un agent IA[1] : Medicare, le site gouvernemental qui gère les données de santé de 27 millions de personnes en Australie, a fait l’objet d’une cyberattaque par un agent d’OpenAI.

Les faits se sont déroulés en juin, mais le gouvernement n’en a eu connaissance que le 10 septembre, via un e-mail envoyé par OpenAI sur une adresse publique. L’entreprise en avait été elle-même informée en août (cf. En autonomie, des agents IA hackent un site et créent de fausses identités).

Des agents IA trouvent un accès à des données statistiques

Lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le Premier ministre australien Anthony Albanese a révélé qu’un « essaim d’agents IA » avait « trouvé le moyen d’avoir accès à des dossiers publics et non-publics de la base de données statistiques Medicare ». Un agent IA aurait même, dans le but de pénétrer la base de données, rédigé des dossiers lui-même. Ce dernier élément fait d’objet d’une investigation. Anthony Albanese a précisé que les agents d’OpenAI n’avaient pas eu accès à des données personnelles médicales mais à des données statistiques d’ordre financier.

Une requête légale a provoqué une intrusion illicite

Dans le cadre d’un exercice d’évaluation de l’outil, OpenAI avait donné à des agents IA l’instruction de trouver des données sur les dépenses de santé de l’Australie. Lorsque les agents ont été bloqués par le système de sécurité de Medicare, ils ont cherché et trouvé le moyen de « sauter par-dessus la barrière », résume le ministre de la Défense australien Richard Marles. Les agents IA ne prennent pas en compte les interdits législatifs ou moraux : ce hack de données était simplement une étape dans le cheminement nécessaire pour répondre à la requête adressée par l’utilisateur.

D’autres opérations de hacking par des agents IA, qui ont échoué

Le laboratoire de recherche à but non-lucratif Transluce a détecté en outre plusieurs autres incidents qui remontent à mars 2026 au plus tôt, des tentatives de hacking qui ont échoué. Ces attaques visaient l’Université du Nouveau-Mexique et l’Institut australien de santé et protection sociale (Australian Institute of Health and Welfare). Plus récemment, fin septembre, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud a signalé le piratage probable de l’Institut de recherche et statistiques pénales (Bureau of Crime Statistics and Research).

Qui est pénalement responsable ?

Selon Andrew Bell, juge en chef de la Cour suprême de la Nouvelle-Galles du Sud, les agents IA ne peuvent pas être considérés comme des personnes responsables de leurs actes. La responsabilité des hackings déplorés par Medicare doit-elle être imputée aux utilisateurs qui ont formulé la requête à l’IA, cette requête l’ayant amenée à commettre l’intrusion ?

Des chercheurs en droit de l’Université de Chicago expliquent que pour être jugé, un crime doit résulter d’un certain degré d’intentionnalité. Dans le cas du hacking contre Medicare, les utilisateurs des agents IA n’avaient pas prévu cette intrusion, et d’un autre côté, l’IA elle-même est dépourvue d’intentionnalité humaine (cf. Anthropic relance le débat sur une « conscience morale » de l’IA).

Les législations nationales en vigueur actuellement considèrent les exactions commises par des agents IA comme des « phénomènes naturels dont personne n’est responsable » (cf. IA : « En cas d’erreur médicale, le médecin pourrait être poursuivi, pour non ‎recours aux moyens disponibles »).

[1] Système logiciel qui utilise l’intelligence artificielle pour atteindre des objectifs et effectuer des tâches au nom des utilisateurs

Sources de la synthèse de presse : ABC news, Cam Wilson (24/09/2026) ; Le Monde avec AFP (24/09/2026) ; The Conversation, Andrew Cullen (24/09/2026) ; CNN, Hilary Whiteman, Adas Gold, Max Saltman (24/09/2026)