De nouvelles découvertes sur le mécanisme du vieillissement du sperme
Le recul de l’âge paternel augmente le risque de naissance prématurée et d’obésité pour l’enfant à naître. Ce lien de causalité a été avéré, mais il n’a pas encore été expliqué.
L’ARN du sperme, comme l’ADN, se modifie avec le temps
La recherche sur le sujet a jusqu’à présent surtout porté sur l’évolution de l’ADN contenu dans le sperme (cf. Infertilité masculine : un nouveau sujet de préoccupation ; Des infertilités masculines non diagnostiquées, et des FIV « inutiles »). Des scientifiques de l’Université de l’Utah ont décidé d’explorer d’autres composantes, notamment les molécules d’ARN[1]. Chez les souris comme chez les êtres humains, il a été observé que cet ARN spécifique se modifiait au fil du temps, avec un changement particulièrement significatif et rapide autour de 40 ans.
Une observation plus poussée des molécules d’ARN
Cette évolution pourrait être influencée par l’environnement, notamment le régime alimentaire du potentiel père, qui aurait un impact sur la santé de la génération suivante. On ignore en revanche quel type de molécule d’ARN en particulier est impliqué.
Les techniques de séquençage existantes ne permettent pas de le savoir. Pour ce faire, l’équipe du Dr Qi Chen, professeur d’urologie et de génétique humaine à l’Université de l’Utah, a mis au point une nouvelle technique, plus avancée, appelée PANDORA-seq.
Des modifications spécifiques à l’ARN
Les chercheurs ont été étonnés de leur découverte : ils s’attendaient à ce que l’ARN évolue de façon similaire à l’ADN, à savoir avec une fragmentation croissante des brins. Pourtant, c’est l’inverse qui se produit : au fil des années, ce sont les brins les plus longs qui deviennent de plus en plus nombreux, tandis que les brins les plus courts se raréfient. Ce constat est valable chez les souris comme chez les hommes.
Un impact sur le métabolisme et la neurodégénérescence de la génération suivante
Afin de comprendre l’influence de l’évolution de l’ARN sur la santé des éventuels futurs enfants d’un homme, les scientifiques ont injecté de l’ARN « âgé » dans des cellules souches embryonnaires de souris, qui sont « biologiquement semblables » à des embryons dans leur premier stade de développement. Il s’est avéré que les cellules ont vu une modification dans l’expression des gènes qui touchent au métabolisme et à la neurodégénérescence. Ce travail de recherche a porté sur la tête du spermatozoïde. Son flagelle, qui contient d’autres particules d’ARN, reste inexploré à ce jour.
Les perspectives de « mise à profit » de cette découverte
Le Dr James M. Hotaling, l’un des auteurs de cette étude, se réjouit de cette découverte qui selon lui « permettra des diagnostics qui aideront à la prise de décision dans le domaine reproductif, et donc à une plus grande fertilité ». Pour l’équipe de chercheurs, la prochaine étape sera d’identifier les enzymes à l’origine de ces modifications de l’ARN. Alors, explique le Dr Chen, « nous pourrons mener des interventions ciblées qui pourront améliorer la qualité du sperme des hommes au-delà d’un certain âge ».
[1] Les chercheurs ont publié leurs travaux dans The EMBO Journal : Conserved shifts in sperm small non-coding RNA profiles during mouse and human aging, The EMBO Journal (2026). DOI: 10.1038/s44318-025-00687-8
Source de la synthèse de presse : Phys.org, Sadie Harley (20/01/2026)