Don d’organe après arrêt cardiorespiratoire : une procédure qui se développe en France et à travers le monde
« Une première nationale ». Dans un communiqué du 9 mars, le CHU de Toulouse a annoncé avoir pratiqué avec succès une greffe « simultanée » d’un rein et d’îlots pancréatiques[1], tous deux issus d’un même donneur Maastricht 3, c’est-à-dire décédé après un arrêt cardiaque à la suite d’une décision d’arrêt des traitements (cf. Euthanasie, Maastricht III : le Canada à la recherche de cœurs à transplanter). « Une prouesse rendue particulièrement complexe sur les plans médical et logistique, en raison des contraintes spécifiques liées à ce type de donneur », affirme le CHU.
Le patient qui a bénéficié de la double transplantation souffrait d’un diabète de type 1 et d’une insuffisance rénale nécessitant une dialyse depuis plusieurs années. « En raison de contraintes vasculaires majeures, la greffe combinée rein-pancréas ne pouvait être envisagée » précise le communiqué.
L’autorisation de prélever des cœurs
La veille de l’annonce de cette « première », un arrêté paru au Journal officiel, indiquait que « après le rein, le foie, le poumon et le pancréas, le cœur figure désormais sur la liste des organes pour lesquels le prélèvement sur une personne décédée présentant un arrêt cardiaque et respiratoire persistant est autorisé ».
Cette nouvelle disposition fait suite à une proposition de l’Agence de la biomédecine (ABM) (cf. « Le don de produits du corps humain » : une audition de l’OPECST pour promouvoir. Et interroger ?).
Près de la moitié des donneurs aux Etats-Unis
Aux Etats-Unis, la pratique est également en développement. En effet, d’une pratique « rare », elle y est devenue « courante » selon une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association[2] : l’analyse du NYU Langone Health montre que les donneurs en état de mort circulatoire sont passés de 2% de l’ensemble des donneurs en 2000 à 49% en 2025. Ce taux atteint 73% dans certaines régions (cf. Transplantation : l’American College of Physicians s’inquiète de certains prélèvements).
Un « résultat » obtenu par le développement de nouvelles techniques. Par exemple, la perfusion régionale normothermique rétablit temporairement le flux sanguin vers les organes qui seront donnés après l’arrêt cardiaque, et les appareils de perfusion artificielle pompent un liquide riche en nutriments et en oxygène à travers les organes après leur prélèvement (cf. Don d’organes : la définition de la mort remise en question ? ; La « ressuscitation partielle », un nouveau protocole de prélèvement d’organes).
[1] Les îlots pancréatiques, aussi appelés îlots de Langerhans, sont des cellules du pancréas capables de produire de l’insuline. Chez les personnes atteintes de diabète de type 1, ces cellules sont détruites par le système immunitaire. La greffe d’îlots de Langerhans vise à « améliorer durablement » l’équilibre glycémique du patient et à protéger le rein transplanté en limitant le risque de récidive du diabète sur le greffon
[2] Changes in Organ Donation After Circulatory Death in the United States, JAMA (2026)
Sources de la synthèse de presse : Medical Xpress, NYU Langone Health (26/02/2026) ; Hospimedia, Pia Hémery (09/03/2026) ; CHU Toulouse (09/03/2026) ; JIM, Quentin Haroche (11/03/2026)