Du tissu hypophysaire humain obtenu à partir de CSEh étudié chez la souris, et le singe

Publié le 8 octobre 2026
Du tissu hypophysaire humain obtenu à partir de CSEh étudié chez la souris, et le singe
© iStock - tapui

Des chercheurs de l’université de Nagoya, au Japon, ont greffé du tissu hypophysaire cultivé à partir de cellules souches embryonnaires humaines (CSEh) chez un primate dont l’hypophyse avait été retirée chirurgicalement (cf. Organoïdes : voie prometteuse pour la recherche ou précipice éthique ?). Ils sont parvenus à « rétablir des signaux hormonaux essentiels ». L’équipe a également démontré que cette même méthode fonctionnait chez la souris sur une période plus longue. Ils ont publié leurs travaux dans la revue Stem Cell Research & Therapy[1].

L’hypophyse contrôle les hormones liées au stress, à la croissance et au métabolisme. Cette étude visait à déterminer si du tissu hypophysaire cultivé en laboratoire pouvait être greffé afin de produire des hormones « de manière naturelle ». Selon les scientifiques elle pourrait ouvrir une nouvelle voie pour le traitement des troubles hormonaux chroniques.

Plus de six mois chez la souris, seulement six semaines chez le macaque

Greffés « juste sous la peau, dans le tissu adipeux ou musculaire », les organoïdes hypophysaires ont produit de l’ACTH, une hormone qui signale aux glandes surrénales de libérer du cortisol[2], pendant « plus de six mois ». Ils ont « clairement prolongé la durée de vie de ces souris par rapport à celles qui n’avaient pas reçu la greffe », affirment les scientifiques. « Aucune tumeur indésirable ni croissance cellulaire anormale n’a été observée », a déclaré en outre le premier auteur de l’étude, Tatsuma Kondo.

Chez le macaque, étudié pour se « rapprocher de l’être humain », les chercheurs ont eu recours à des médicaments immunosuppresseurs pour éviter le rejet des organoïdes. Le tissu greffé a fonctionné pendant six semaines et a permis d’augmenter avec succès les taux d’ACTH et de cortisol dans le sang. « Trois mois plus tard, les échantillons de tissu montraient encore la présence de cellules greffées survivantes, malgré un rejet immunitaire important, courant dans les greffes interespèces, qui a limité l’efficacité de la greffe », expliquent les scientifiques.

Les chercheurs affirment par ailleurs n’avoir trouvé aucun signe de « tissus organoïdes errants » qui auraient migré dans les poumons ou le foie. Ils prévoient de mener d’autres études « afin d’améliorer la durée de vie du tissu et de tester des méthodes d’immunosuppression plus sûres ».

[1] Functional analysis of adrenocorticotropic-hormone-producing pituitary cells derived from human pluripotent stem cells in murine and primate models of hypopituitarism, Stem Cell Research & Therapy (2026). DOI: 10.1186/s13287-026-05098-y

[2] Le cortisol aide l’organisme à gérer le stress, la tension artérielle et la glycémie

Sources de la synthèse de presse : Medical Xpress, Nagoya university (01/10/2026) ; News medical, Nagoya university (01/10/2026)