Edition génétique d’embryons humains : des financements qui se multiplient

Publié le 6 juillet 2025
Edition génétique d’embryons humains : des financements qui se multiplient
© istock - Pineapple Studio

Bootstrap Bio, une entreprise créée il y a environ 18 mois, indique avoir « embauché un directeur scientifique, ouvert un laboratoire et réorienté ses travaux » vers l’édition génétique d’embryons humains. D’après les informations fournies par les investisseurs, Bootstrap Bio prévoirait de lancer des essais sur l’homme – c’est-à-dire d’utiliser des embryons modifiés pour initier des grossesses – en 2026 ou 2027 au Honduras, « un endroit où l’entreprise pourrait potentiellement éviter les réglementations américaines ».

A la question de savoir s’ils modifieraient génétiquement leurs propres enfants, Simone et Malcolm Collins qui ont investi dans l’entreprise ont assuré : « Nous allons nous y atteler dès que possible » (cf. Un appel à interdire l’édition du génome humain héréditaire… pendant 10 ans).

Investisseurs et capital risque

Bootstrap Bio n’est pas la première entreprise qui cherche à « commercialiser les biotechnologies humaines ». Le milliardaire Brian Armstrong, tout comme Anne Wojcicki, cofondatrice et PDG de 23andMe (cf. Test génétiques : l’ancienne directrice générale de 23andMe sur le point de récupérer l’entreprise), a investi dans la société Orchid, une entreprise « controversée » de tests sur les embryons (cf. DPI : une start-up propose de séquencer le génome entier des embryons).

Brian Armstrong a réuni des scientifiques connus pour leur soutien à l’édition du génome héréditaire à l’occasion d’une « sorte de soirée sur les technologies interdites » (cf. Embryons génétiquement modifiés : le milliardaire Brian Armstrong veut financer une start-up). L’un des participants à ce « dîner confidentiel » a indiqué qu’une société de capital-risque qu’il co-dirige, SciFounders, envisageait également de créer une entreprise d’édition d’embryons.

Des brevets déposés

Aux Etats-Unis, deux laboratoires ont travaillé sur l’édition génétique d’embryons. Il s’agit de l’université de Columbia et de l’Oregon Health and Science University. Paula Amato y travaille « en étroite collaboration » avec Shoukrat Mitalipov ; elle est la présidente sortante de l’American Society for Reproductive Medicine (ASRM), « l’organisation commerciale et professionnelle de l’industrie de la fertilité ». La scientifique a déclaré, comme son collègue Dieter Egli de Columbia, qu’elle « accueillerait favorablement » un « effort d’édition d’embryons financé par le secteur privé ».

Dieter Egli et Shoukrat Mitalipov ont par ailleurs tous deux déposé des demandes de brevets pour l’édition du génome héréditaire.

Le retour d’He Jiankui sur le sujet ?

De son côté He Jiankui, le « père » des premières jumelles génétiquement modifiées (cf. He Jiankui : pas d’excuses, pas de regrets ?) prétend « avoir de l’argent frais ». En effet, il affirme que investisseurs américains lui « fournissent des fonds d’une valeur de plusieurs millions de dollars ».

 

Sources : Center for Genetics and society, Marcy Darnovsky (26/06/2025) ; Bloomberg, Sophie Alexander et Ike Swetlitz (25/06/2025) – Photo : iStock