« Il est des mots qu’on arrache à leur signification pour habiller un marché en conviction. Ethique, accolé à la GPA, est devenu l’un d’eux. »

Publié le 28 mai 2026
« Il est des mots qu’on arrache à leur signification pour habiller un marché en conviction. Ethique, accolé à la GPA, est devenu l’un d’eux. »
© iStock - Devonyu

« Il est des mots qu’on arrache à leur signification pour habiller un marché en conviction. Ethique, accolé à la GPA, est devenu l’un d’eux. » Dans une tribune à l’initiative d’Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, publiée dans le journal Ouest France, 15 personnalités politiques issues de différents partis[1] le rappellent fermement : « Une société ne peut pas bâtir ses principes fondamentaux sur l’intensité d’un désir, aussi légitime soit-il ».

« Certaines lignes transcendent les appartenances partisanes »

« Avons-nous le droit de mettre le corps des femmes à la disposition du désir d’autrui ? Notre réponse est non. Et elle est partagée, à gauche comme à droite, car certaines lignes transcendent les appartenances partisanes », soulignent les signataires.

Ils contestent la possibilité d’encadrer la maternité de substitution : « L’argument est familier : croire qu’un cadre suffit à changer la nature de ce qu’il encadre. Le droit ne supprime pas le marché, il lui donne une vitrine », pointent ces élus et anciens ministres. Et le marché de la GPA est « estimé à près de 15 milliards de dollars en 2023, promis à plus de 100 milliards d’ici 2033 ».

« Nous ne pouvons accepter un interdit qui demeure en principe mais disparaît dans les faits »

Les signataires de la tribune rappellent également qu’« en 2025, les Nations Unies ont présenté un rapport sans précédent qui conclut à la nécessité d’abolir la GPA, sous toutes ses formes » (cf. « Aucune société ne peut progresser en normalisant la vente du corps des femmes » : à l’ONU, Reem Alsalem appelle à abolir la GPA). Car « la pratique, quelle qu’en soit la modalité, traite le corps des femmes comme une marchandise et les expose à de graves violations de leurs droits » et « le consentement ne suffit pas toujours à rendre juste une pratique fondée sur une asymétrie profonde ».

« Nous ne pouvons accepter un interdit qui demeure en principe mais disparaît dans les faits », déclarent ces 15 personnalités, plaidant pour que la France porte une « ambition qui ne déplace pas le problème d’un pays à l’autre, mais vise son abolition » (cf. GPA : « la seule solution est l’abolition »). « Car le corps humain n’est pas une ressource, la maternité n’est pas une prestation et le principe d’indisponibilité du corps humain n’est pas un archaïsme, mais un rempart contre l’idée que tout puisse devenir objet de contrat. » Et « une civilisation ne se définit pas seulement par ce qu’elle a le pouvoir de faire ; elle se définit aussi par ce qu’elle choisit, collectivement, de ne pas faire ».

[1] Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations ;

François Baroin, ancien ministre de l’Intérieur, Maire de Troyes (LR) ;

Nicole Belloubet, ancienne Garde des Sceaux ;

Xavier Bertrand, ancien ministre de la Santé, président de la région des Hauts-de-France (LR) ;

Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation Nationale, président Labo de la République ;

Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé ;

Rachida Dati, ancienne Garde des Sceaux, maire du VIIe arrondissement de Paris (LR) ;

Nathalie Delattre, sénatrice (présidente Parti Radical) ;

Agnès Firmin Le Bodo, ancienne ministre de la santé, députée (Horizons) ;

David Lisnard, maire de Cannes (président Nouvelle Énergie) ;

Véronique Riotton, députée, présidente de la Délégation aux droits des femmes (Renaissance) ;

Laurence Rossignol, ancienne ministre de l’Égalité et des Familles, sénatrice (PS) ;

Frédéric Valletoux, ancien ministre de la santé, député, président de la commission des affaires sociales (Horizons) ;

Manuel Valls, ancien Premier ministre ;

Dominique Verien, sénatrice, présidente de la Délégation aux droits des femmes (UDI).

Source de la synthèse de presse : Ouest France (28/05/2026)