Quelle est la différence entre le diagnostic prénatal (DPN) et le diagnostic préimplantatoire (DPI) ?

Publié le 1 mars 2025
Quelle est la différence entre le diagnostic prénatal (DPN) et le diagnostic préimplantatoire (DPI) ?

Le diagnostic prénatal (DPN) et le diagnostic préimplantatoire (DPI) sont deux techniques de diagnostic génétique qui visent à identifier des anomalies chez l’enfant à naître. Leur principale différence réside dans le moment de leur réalisation : le DPN intervient pendant la grossesse (in utero), tandis que le DPI s’effectue avant l’implantation de l’embryon dans le cadre d’une fécondation in vitro (FIV). Le DPN concerne donc toute grossesse naturelle ou médicalement assistée, alors que le DPI suppose nécessairement une procédure de procréation médicalement assistée.

Le diagnostic prénatal s’applique à un embryon ou un fœtus déjà implanté dans l’utérus. Il repose sur divers examens (échographies, marqueurs sériques, DPNI, amniocentèse) et peut mener, en cas d’anomalie jugée grave, à une interruption médicale de grossesse (IMG), souvent proposée comme issue unique. En revanche, le diagnostic préimplantatoire intervient avant la grossesse proprement dite. Dans un cadre de FIV, les embryons obtenus peuvent être testés génétiquement. Seuls ceux jugés « sains » sont transférés dans l’utérus ; les autres sont écartés, congelés, détruits après avoir servi à la recherche ou directement.

Le DPI a d’abord été réservé aux couples porteurs de maladies génétiques graves. Depuis la loi de bioéthique de 2021, son usage s’est élargi, notamment dans les cas de double indication : DPI associé à une sélection en vue de don de cellules souches hématopoïétiques (bébé-médicament). Il s’agit de sélectionner un embryon qui permettra, une fois né, de soigner un grand frère/ soeur atteint d’une maladie génétique grave, via une greffe de cordon ombilical. Cette extension soulève de vives critiques éthiques, car elle introduit une logique utilitariste : l’embryon devient un « moyen » au service d’un autre. En pratique, le DPI implique la création puis la sélection d’embryons, ce qui interroge profondément la reconnaissance de l’embryon comme être humain à part entière​​.

Le DPN, quant à lui, s’est banalisé, en particulier pour la trisomie 21. Sa généralisation, notamment via le DPNI, tend à instaurer une norme implicite : une grossesse ne serait « acceptable » que si l’enfant à naître est indemne de toute anomalie génétique connue. Or, tant le DPI que le DPN, dès lors qu’ils conduisent à écarter certains embryons ou fœtus en raison de leurs caractéristiques, posent la question du respect de l’égalité entre les êtres humains.

La comparaison internationale est éclairante : certains pays, comme l’Allemagne ou l’Italie, limitent fortement le recours au DPI, en raison de l’atteinte à la dignité humaine qu’il implique. En France, les débats bioéthiques ont permis jusqu’à récemment de maintenir un cadre encore restrictif, aujourd’hui mis à mal par une logique technicienne et un affaiblissement de la conscience bioéthique.

En résumé, si le DPI et le DPN diffèrent par leur temporalité et leur contexte, ils sont unis par un même enjeu : la tentation de maîtriser la vie humaine dès son commencement, parfois au prix de l’élimination des plus fragiles.