Qu’est-ce que le diagnostic préimplantatoire (DPI) et comment fonctionne-t-il ?
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) est une technique utilisée dans le cadre de la procréation médicalement assistée (PMA), qui permet d’analyser l’embryon humain en laboratoire avant son implantation dans l’utérus. Il vise à détecter certaines anomalies génétiques graves afin de sélectionner les embryons considérés comme « sains ». Concrètement, cette méthode consiste à prélever sur des embryons conçus par FIV (dans le cadre d’un projet parental) quelques cellules au troisième jour de leur développement, puis à les soumettre à une analyse génétique. Seuls les embryons indemnes de l’anomalie recherchée seront transférés dans l’utérus ; les autres sont détruits directement ou après avoir été utilisés pour la recherche biomédicale.
Le DPI, autorisé en France depuis la loi de bioéthique de 1994, est destiné aux couples à risque de transmettre une maladie génétique grave et incurable à leur enfant. Il s’agit d’une forme de diagnostic embryonnaire pratiquée avant l’implantation dans l’utérus, à la différence du diagnostic prénatal (DPN) qui intervient in utero. Les étapes du DPI sont les suivantes : FIV, culture des embryons, prélèvement de cellules (en général au 3e jour), analyse génétique en laboratoire, puis sélection de l’embryon à transférer. Si d’autres embryons sont jugés viables, ils peuvent être congelés ; ceux porteurs de l’anomalie sont éliminés ou parfois utilisés à des fins de recherche.
Sur le plan bioéthique, cette pratique soulève des questions fondamentales. D’une part, elle revient à « trier » les embryons selon leur profil génétique. D’autre part, elle implique l’élimination d’embryons porteurs de maladies, ce qui relève d’une profonde discrimination et interroge profondément sur la valeur accordée à chaque vie humaine, y compris dans ses fragilités. Comme le souligne Jacques Testart, pionnier de la FIV, le DPI participe à « un eugénisme nouveau, bienveillant et consensuel ». Il permet de choisir le « meilleur enfant possible » et inscrit la biomédecine dans une logique de sélection aux confins de la norme sociale.
Enfin, cette technologie marque une rupture anthropologique : l’embryon humain, être humain dès la fécondation, est considéré comme un matériau biologique analysable, sélectionnable, et jetable. Le DPI, en cela, ne soigne pas : il élimine la vie porteuse d’une anomalie, au lieu d’accueillir et d’accompagner la fragilité. C’est là que réside une des tensions bioéthiques majeures de notre temps, entre progrès scientifique et respect inconditionnel de la vie humaine.