Qui peut bénéficier d’un DPI en France ?
En France, le recours au diagnostic préimplantatoire est strictement encadré par la loi de bioéthique. Il est réservé aux femmes ou couples porteurs d’une maladie génétique grave et incurable, avec un risque élevé de transmission à leur descendance. Il ne s’agit donc pas d’un diagnostic généralisé, mais d’une procédure médicale soumise à des critères stricts, à la différence de certains pays où l’indication est plus large, voire sociétale.
Selon l’Agence de la biomédecine, les conditions d’accès au DPI incluent :
- la présence avérée, chez l’un des membres du couple, d’une anomalie génétique connue,
- un risque élevé de transmission à l’enfant (ex : 25 % dans les cas de maladies autosomiques récessives),
- une pathologie grave, incurable au moment du diagnostic.
Le DPI ne peut se faire qu’à partir d’embryons conçus en laboratoire dans le cadre d’un parcours de FIV. La demande est examinée par un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, puis validée par l’Agence de la biomédecine.
Sur le plan éthique, cette limitation légale est censée contenir les dérives eugénistes en restreignant l’usage du DPI à des cas médicaux avérés, mais l’impact éthique reste le même que le DPI soit autorisé pour une maladie ciblée ou non. Certains alertent sur un glissement progressif : le DPI pourrait, à terme, être élargi à des anomalies non létales, voire à des caractéristiques non pathologiques. Cette évolution est déjà observable à l’étranger, notamment pour les embryons porteurs d’une anomalie du nombre de chromosomes comme la trisomie 21 (Espagne, Royaume-Uni par exemple). Les Etats-Unis vont plus loin en permettant la sélection sur le le sexe, ou d’autres traits génétiques.
Une vigilance s’impose donc pour préserver l’objectif initial : éviter la naissance d’un enfant atteint d’une pathologie grave, sans pour autant céder à une logique de fabrication d’un enfant « parfait » selon des critères subjectifs.