Une mère porteuse témoigne : « J’étais prisonnière de mon propre corps »

Publié le 8 octobre 2026
Une mère porteuse témoigne : « J’étais prisonnière de mon propre corps »
© iStock - Andy445

Le 30 septembre 2024, l’Argentine Belén Arnedo a donné naissance à un enfant qu’elle a porté pour deux hommes. Mère célibataire de trois enfants, elle n’avait « aucune garantie, aucun salaire, aucune économie ». Aussi, lorsqu’elle découvre l’annonce sur un groupe Facebook, le « Tinder des mères porteuses », Belén n’a pas hésité. Ces groupes publient les demandes de GPA, mais ce n’est pas tout : « Il y a des mères en situation de précarité qui proposent leurs bébés dans ces mêmes groupes, car il n’y a qu’un pas entre la gestation pour autrui et l’achat d’un bébé », explique-t-elle.

« Le bébé est juste à côté, et on ne me l’a pas amené »

Belén précise avoir préféré devenir mère porteuse pour deux hommes : porter un enfant pour une femme qui ne peut pas le faire aurait généré un poids émotionnel trop lourd.

Tout ne s’est pas passé comme prévu. L’accord signé entre les « parties » n’était pas un contrat, mais un simple formulaire de consentement éclairé où toutes les conditions requises par Belén n’ont pas été consignées. Par exemple, le couple n’a commencé à lui verser de l’argent que 6 mois après le début de la grossesse alors qu’il était prévu que le montant soit de 120 000 pesos par mois pour les trois premiers mois de grossesse [1], 150 000 pour les trois suivants et 180 000 pour le dernier.

Sans liberté, elle était soumise aux désirs des commanditaires de l’enfant : « J’étais prisonnière de mon propre corps », témoigne-t-elle. Les deux hommes ont choisi la clinique et l’obstétricien. Les résultats de ses analyses ne lui ont pas été communiqués : ils ont été envoyés directement aux commanditaires. « En tant que femme enceinte, j’ai perdu tous mes droits sans mon consentement », déplore-t-elle.

Ses demandes n’ont pas plus été respectées le jour de l’accouchement : « Le bébé est juste à côté, et on ne me l’a pas amené ».

Pas d’interdiction de la GPA en Argentine

En Argentine, la gestation par autrui n’est ni interdite ni réglementée par une loi spécifique (cf. GPA : un bébé prématuré abandonné par une Française en Argentine). Toutefois, l’article 562 du Code civil et commercial dispose que les enfants nés par procréation médicalement assistée sont les enfants de la femme qui les a portés. En octobre 2024, quelques jours après la naissance de l’enfant porté par Belén, la Cour suprême de justice a confirmé ce principe en rejetant la demande de deux hommes qui souhaitaient être reconnus comme seuls parents d’un enfant né d’une GPA. Une demande qui aurait privé la mère porteuse de ses droits (cf. Argentine : la GPA n’est pas un droit constitutionnel juge la Cour suprême).

[1] Soit 70 euros environ

Source de la synthèse de presse : Infobae, Mariano Jasovich (02/10/2026)