GPA : un bébé prématuré abandonné par une Française en Argentine

Publié le 25 février 2025
GPA : un bébé prématuré abandonné par une Française en Argentine

Une femme française a abandonné un bébé né prématurément après une GPA dans une clinique de Córdoba, en Argentine.

La naissance était initialement prévue dans une clinique de Buenos Aires, mais les complications survenues lors de la grossesse ont conduit à anticiper l’accouchement qui a eu lieu en novembre 2024, deux mois avant la date prévue. Prise en charge en néonatalogie, la mère porteuse a informé le personnel qu’elle n’était pas la mère biologique de l’enfant. La commanditaire française qui avait conclu un contrat avec elle par l’intermédiaire d’une agence et fourni ses ovocytes ne s’est finalement jamais présentée pour récupérer l’enfant.

Face à cette situation, le Secrétariat de l’Enfance, de l’Adolescence et de la Famille de Córdoba a émis une mesure de protection et placé le bébé dans une famille d’accueil le temps que « sa situation juridique soit définie » et qu’il soit éventuellement confié à l’adoption.

Des enquêtes en cours

En Argentine, la justice enquête actuellement sur 49 cas de « tourisme procréatif », pour « allégations d’exploitation du corps de femmes enceintes » (cf. GPA en Argentine : deux Italiens arrêtés). Ces cas mettent tous en cause des agences nationales ou internationales basées en Argentine qui engagent des mères porteuses, « souvent dans des situations de vulnérabilité économique », pour les mettre en contact avec des commanditaires étrangers.

L’agence qui a servi d’intermédiaire entre la mère porteuse de Córdoba et la commanditaire française fait elle aussi l’objet d’une investigation. Le parquet fédéral de Córdoba a confisqué l’argent destiné à payer la mère porteuse, ainsi que des appareils électroniques appartenant à l’avocat qui dirige l’agence.

La GPA n’est pas officiellement interdite en Argentine. Toutefois, un récent arrêt de la Cour suprême a défini comme « mère légale » la femme accouche, indépendamment du fait qu’elle soit génétiquement liée à l’enfant (cf. Argentine : la GPA n’est pas un droit constitutionnel juge la Cour suprême).

 

Sources : El Litoral (22/02/2025) ; La Nación, María Nöllmann (19/02/2025)