Australie : des personnes vulnérables ciblées et « aidées » à se suicider

Publié le 16 septembre 2025 . Mis à jour le 22 novembre 2025 à 00:29.
Australie : des personnes vulnérables ciblées et « aidées » à se suicider
© iStock - Anzhela Shvab

Elaine Arch-Rowe, 81 ans, est l’ancienne coordinatrice d’une antenne australienne d’Exit International, association militant pour la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté fondée en 1997 par l’Australien Philipp Nitschke (cf. « Capsule » de suicide : une enquête toujours en cours et déjà des projets de croissance).

Elle a été arrêtée par la police avec Brett Daniel Taylor, 53 ans, et son père de 80 ans, pour avoir fourni des substances létales à usage strictement vétérinaire à des personnes afin de les « aider » à se suicider. Tous trois auraient été impliqués dans « au moins une vingtaine de décès ».

Un trafic de produits létaux pour « aider au suicide »

Ils agissaient sous le couvert d’une pseudo-œuvre de charité prétendument consacrée à l’euthanasie des baleines. Cette vitrine leur servait à se procurer des flacons de pentobarbital, un barbiturique utilisé pour euthanasier les animaux et strictement interdit en médecine humaine. Les trois suspects vont être jugés pour aide au suicide et possession et trafic de substances dangereuses (cf. « Notre action relève de la désobéissance civile » : 12 militants d’« Ultime Liberté » devant la justice).

D’après l’enquête de police, ils fournissaient à leurs « clients » des « kits de suicide » à domicile et s’occupaient d’affaires courantes liées à leur décès comme la gestion de leur succession et le signalement aux autorités après le décès.

Un business lucratif en marge de la loi

Depuis janvier 2023, le Queensland autorise l’« aide à mourir » dans le cadre d’un protocole établi par les autorités sanitaires (cf. Queensland : un homme réanimé après avoir pris les substances létales destinées à sa compagne). L’enquête de police a montré que Brett Daniel Taylor « ciblait des personnes vulnérables » qui ne remplissaient pas les critères de l’accès légal au suicide assisté. Il se présentait comme le gérant de l’entreprise End of Life Services et leur vendait la substance létale en réalisant un « profit conséquent ». Selon les enquêteurs, leur démarche avait un but purement lucratif.

Les trois personnes mises en cause risquent une peine de prison à perpétuité.

Complément du 22/11/2025 : Brett Daniel Taylor comparaitra à partir du 2 décembre. Il sera jugé pour aide de suicide, trafic de substance dangereuse, possession de substance dangereuse et recel. Il est également accusé de fraude et de détournement de fonds à des fins personnelles à partir d’une pseudo-œuvre de charité. Son père et l’ancienne coordinatrice de l’association Exit international dans la Gold Coast, dans l’état du Queensland, seront également jugés.

Sources de la synthèse de presse : ABC, Dominic Cansdale et Mackenzie Colahan (15/09/2025) et (16/09/2025) ; The Guardian, Luca Ittimani, (15/09/2025) ; ABC, Mark Rigby (19/11/2025)