Canada : un médecin condamné pour avoir refusé d’administrer un bloqueur de puberté à un mineur
Le Tribunal des droits de l’homme de la Colombie-Britannique (BCHRT[1]) a condamné un médecin généraliste pour avoir refusé d’effectuer une injection d’un bloqueur de puberté chez un patient de 14 ans se déclarant transgenre.
Déclaré coupable de « discrimination », le médecin devra payer 20 000 dollars à titre de « réparation du préjudice causé à […] sa dignité, ses sentiments et son estime de soi ». Une somme à laquelle s’ajoutent 8 100 dollars pour financer le rapport d’expertise produit par le plaignant. Le Tribunal lui a en outre ordonné de « mettre fin aux infractions et de s’abstenir de commettre des infractions identiques ou similaires ».
A la demande de la mère de l’adolescent, le médecin avait adressé l’« enfant Q », à la Gender Clinic de l’hôpital pour enfants de la province où on lui a prescrit du Lupron, une substance utilisée pour bloquer la puberté (cf. Le Royaume-Uni lance la première étude randomisée sur les effets des bloqueurs de puberté sur le cerveau). Mais l’adolescent ne souhaitait pas s’administrer lui-même le produit, préférant qu’un médecin s’en charge. Quand le praticien a compris l’objet du rendez-vous, il a refusé d’effectuer l’injection.
Le médecin a indiqué n’avoir aucune compétence en matière de « traitements de transition de genre » et a fait valoir sa liberté de conscience. L’« enfant Q » a finalement reçu l’injection dans une clinique sans rendez-vous plus tard dans la journée (cf. Le sermon d’Hippocrate – Caroline Eliacheff et Céline Masson).
Suite au refus du médecin, la famille a déposé plainte auprès du Collège des médecins et chirurgiens de Colombie-Britannique (CPSBC) et du BCHRT. En 2023, le CPSBC a adressé un blâme au praticien pour avoir « refusé de prodiguer des soins liés à la transition de genre à un patient au motif d’une objection de conscience, sans proposer à ce patient une aide lui permettant de bénéficier de ces soins auprès d’un autre prestataire » (cf. Un gynécologue refuse de prendre en charge une femme transgenre, il est finalement relaxé).
[1] British Columbia Human Rights Tribunal
Source de la synthèse de presse : National Post, Amy Hamm (11/09/2026)