Le sermon d’Hippocrate – Caroline Eliacheff et Céline Masson

Publié le 11 mars 2025
Le sermon d’Hippocrate – Caroline Eliacheff et Céline Masson
livre

« Les mots ont changé, évoluant de transsexuel à transgenre, puis par apocope à trans, puissante figure de condensation qui révèle la coupure d’avec le sexuel. C’est un projet politique, soutenu par une idéologie qui implique la coupure d’avec la réalité (la différence des sexes) et un changement de paradigme. » Et ce projet est mené avec le concours de certains professionnels de santé. C’est ce que dénoncent Caroline Eliacheff et Céline Masson dans Le sermon d’Hippocrate, un essai très accessible, salutaire.

L’augmentation du nombre de personnes se déclarant transgenres « n’est pas un effet de la libération de la parole, comme on voudrait nous le faire croire, mais d’une libération de l’offre », analysent les deux psychanalystes, co-directrices de l’Observatoire La Petite Sirène, et déjà auteurs de La fabrique de l’enfant-transgenre, paru en 2022.

Or « accompagner une demande de transition et y répondre, en bannissant toute référence à la psychopathologie de l’adolescent, cela relève-t-il encore de la médecine ? », interrogent Caroline Eliacheff et Céline Masson. Aux Etats-Unis, la faculté de médecine du Connecticut a été jusqu’à adopter une version révisée, « DEI-fiée [1] », du serment d’Hippocrate, faisant au passage disparaitre l’engagement à « ne pas nuire ».

Le sermon d’Hippocrate s’ouvre sur le témoignage « en parallèle » d’un père et de sa fille qui a été confrontée à une angoisse de sexuation pubertaire [2]. « A l’âge de 16 ans, en trois mois et après quatre séances individuelles, Lou/Elio [a reçu] son passeport pour se faire enlever les seins et démarrer sa prise d’hormones », raconte le père de cette adolescente qui a tout fait pour l’accompagner au mieux, face à des professionnels et des militants qui ont poussé la jeune fille dans la voie de la transition. Et n’hésitant pas à passer outre l’autorité parentale. « Je ne peux (et ne peux toujours pas) comprendre une approche qui préconise fermement de ne pas interroger la cause du problème qu’elle prétend résoudre », témoigne ce père.

« L’enjeu est capital, car il concerne la santé des enfants et leur liberté de se développer sans emprise idéologique », soulignent Caroline Eliacheff et Céline Masson. Elles signent un livre indispensable pour prendre la mesure de ce « totalitarisme de l’individu » qui menace la santé psychologique et physique de nos enfants.

 

[1] DEI est un acronyme anglais qui signifie Diversity, Equity and Inclusion

[2] Proposition clinique élaborée par les auteurs de l’ouvrage

Editions : de l’Observatoire

Date de parution : 19/02/2025

Nombre de pages : 260