Grande-Bretagne : le nouveau Premier ministre donne la priorité aux soins palliatifs

Publié le 9 août 2026
Grande-Bretagne : le nouveau Premier ministre donne la priorité aux soins palliatifs

Le 29 juillet, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, a déclaré qu’il fallait d’abord « régler le financement des soins palliatifs et de l’aide sociale » avant de rouvrir le débat sur « l’aide à mourir » (cf. Angleterre : « la situation financière du secteur des soins palliatifs est désastreuse »). « Je pense qu’il est très difficile d’engager ce débat plus large dans un contexte où les personnes ne bénéficient pas de ces soins et n’ont pas l’esprit tranquille à ce sujet » a-t-il expliqué. « C’est ainsi que je vois les choses, et c’est la position à laquelle je m’en tiendrai. »

Une probable opposition au projet de loi sur « l’aide à mourir » ?

C’est la première fois que le nouveau Premier ministre s’exprime sur le sujet depuis sa prise de fonction. Ses propos laissent présager qu’il ne soutiendra pas le nouveau projet de loi déposé pas la députée travailliste Lauren Edwards, qui sera examiné par le Parlement à partir du 11 septembre (cf. Angleterre : l’« aide à mourir » bientôt de retour devant le Parlement). Il n’a toutefois pas précisé s’il donnerait ou non une consigne de vote.

En 2015, lors du vote d’un précédent texte sur le sujet, Andy Burnham s’était abstenu en raison de ses inquiétudes sur les garanties présentées par le projet de loi de l’époque, et des pressions que peuvent connaitre les personnes concernées.

En 2024, alors qu’il n’était plus député, il s’était cependant déclaré « en faveur du projet de loi » avant le premier vote à la Chambre des communes.

Des positions divergentes

Jess Asato, députée travailliste, se réjouie de la position du Premier ministre. Elle souligne que les députés ont « la responsabilité de prendre en compte les risques liés à l’introduction d’un projet de loi aussi imparfait dans un système de soins défaillant et en échec ». « Il ne peut y avoir de choix éclairé ni de dignité en fin de vie si nous ne disposons pas d’un système de soins palliatifs offrant un soutien de base aux personnes vulnérables, ni d’un système de prise en charge sociale abordable garantissant à chacun une fin de vie digne » relève l’élue (cf. Angleterre : faute de soins palliatifs, 1 patient sur 3 meurt « dans la douleur ou la détresse »).

La déclaration du Premier ministre rejoint la position soutenue par le chef du Parti libéral-démocrate, Sir Ed Davey. Elle tranche en revanche avec celle de l’ancien Premier ministre, Sir Keir Starmer, qui avait voté en faveur du projet de loi sur « l’aide à mourir ». Il avait également fait en sorte que le temps parlementaire soit suffisant pour débattre du texte.

Lauren Edwards rétorque, pour sa part, suite à la déclaration d’Andy Burnham qu’il n’y a « pas une question de choix entre l’un ou l’autre », et qu’« aide à mourir » et soins palliatifs « peuvent et doivent aller de pair ».

Un passage en force ?

En 2025, les députés avaient adopté le projet de loi de Kim Leadbeater, députée travailliste, visant à légaliser « l’aide à mourir » en Angleterre et aux Pays de Galles (cf. Royaume-Uni : la Chambre des Communes adopte la proposition de loi sur l’« aide à mourir »). Les parlementaires de la Chambre des communes ont voté à deux reprises en faveur du texte (cf. Fin de vie au Royaume-Uni : le doigt dans l’engrenage ?). Il n’a en revanche pas été adopté par la Chambre des Lords en 2026, les nombreux amendements n’ayant pu être examinés dans les temps (cf. Royaume-Uni : la proposition de loi sur l’« aide à mourir » abandonnée, faute de temps).

Afin de « mener à bien » le travail entamé, Lauren Edwards a présenté un nouveau projet de loi identique au précédent. Le recours à des dispositions du Parliament act pourrait permettre de faire adopter le texte. Rarement invoquées, celles-ci permettent en effet à des projets de loi approuvés de façon identique par la Chambre des communes au cours de deux sessions successives, mais rejetés par la Chambre des Lords, d’être adoptés sans l’accord de cette dernière.

Actuellement, seules les îles de Jersey et de Man, qui dépendent de la Couronne britannique, ont légalisé « l’aide à mourir » (cf. Jersey : l’« aide à mourir » reçoit la sanction royale). La loi de l’ile de Man doit toutefois être soumise à l’assentiment royal pour entrer en vigueur (cf. Le Parlement de l’Ile de Man autorise le suicide assisté). Le Parlement écossais a lui rejeté en mars le texte légalisant « l’aide à mourir » (cf. Un texte « dangereux » dans un contexte de coupes budgétaires : le Parlement écossais vote contre le suicide assisté).

Sources de la synthèse de presse : BBC, Harry Farley (29/07/2026) ; The independent, Y. Áine Fox, (29/07/2026) ; : AFP (29/07/2026)