Angleterre : l’« aide à mourir » bientôt de retour devant le Parlement

Publié le 15 juin 2026 . Mis à jour le 25 juin 2026 à 18:57.
Angleterre : l’« aide à mourir » bientôt de retour devant le Parlement
© Pixabay - David Peterson

Une nouvelle tentative visant à légaliser l’« aide à mourir » en Angleterre et au Pays de Galles a été lancée : Kim Leadbeater, la députée à l’origine de ce projet a déclaré qu’elle souhaitait « aller jusqu’au bout ». La députée Lauren Edwards a en effet déposé le 17 juin une proposition de loi identique à celle adoptée « de justesse » par la Chambre des communes l’année dernière (cf. Royaume-Uni : la Chambre des Communes adopte la proposition de loi sur l’« aide à mourir »).

Forcer la main des lords

Le texte n’avait pas été adopté par la Chambre des lords en avril, les nombreux amendements n’ayant pas pu être examinés dans les temps (cf. Royaume-Uni : la proposition de loi sur l’« aide à mourir » abandonnée, faute de temps). Les opposants au texte avaient fait valoir qu’il comportait des « lacunes importantes » qui risquaient d’inciter des personnes vulnérables à mettre fin à leurs jours prématurément (cf. Loi sur la fin de vie au Royaume-Uni : le rejet d’amendements, protégeant notamment les personnes trisomiques, pourrait faire basculer le vote).

En présentant exactement le même texte de loi, Lauren Edwards menace de recourir à des dispositions du Parliament act, rarement utilisées[1] pour passer outre les objections des pairs s’ils refusaient de l’adopter à nouveau. En effet, si les députés adoptent une proposition de loi identique lors de deux sessions parlementaires consécutives, les pairs ne peuvent pas le bloquer la deuxième fois.

La Chambre des lords peut proposer des amendements qui, s’ils sont approuvés par la Chambre des communes, seraient ajoutés à la proposition de loi. Mais si elle n’adopte pas le texte dans son ensemble avant la fin de la prochaine session législative–dans un an environ, la proposition de loi non amendée pourrait entrer en vigueur même sans son accord.

Un texte qui « divise profondément »

« Il est tout à fait légitime que nous demandions à la Chambre des lords de mener cette tâche à bien », considère Lauren Edwards. La députée Ashley Dalton s’est quant à elle dite « profondément préoccupée » par cette initiative. « Les électeurs nous ont portés au pouvoir pour réduire le coût de la vie et redresser le NHS. Nous débattons depuis plus d’un an de cette proposition de loi sur l’aide à mourir, qui divise profondément et comporte de nombreuses lacunes, mais ses partisans ont refusé d’écouter ou d’y apporter les modifications nécessaires », regrette-t-elle.

Andy Burnham, le rival du Premier ministre Keir Starmer, juge de son côté qu’« on ne peut pas adopter cette modification législative alors que le secteur des soins palliatifs manque de moyens financiers ».

[1] Cette mesure n’a été mise en œuvre que sept fois au cours du siècle dernier.

Sources de la synthèse de presse : BBC, Harry Farley (14/06/2026) ; The Guardian, Jessica Elgot (14/06/2026)