Le Parlement de l’Ile de Man autorise le suicide assisté
Le 25 mars, le Parlement de l’Ile de Man [1] a définitivement adopté une proposition de loi visant à autoriser le suicide assisté. Le texte peut maintenant être soumis à l’assentiment royal : c’est le premier parlement des îles britanniques à franchir cette étape. Le texte avait été introduit en 2023 (cf. Fin de vie : l’île de Man en marche vers la légalisation de l’« aide médicale à mourir » ?).
Les personnes éligibles devront être âgées de plus de 18 ans et « raisonnablement susceptibles » de mourir dans les 12 mois. En outre, elles devront être inscrites auprès d’un médecin généraliste de l’île de Man et y résider depuis cinq ans. Seules les personnes ayant la « capacité juridique » de prendre la décision pourront formuler une demande qui aura à être validée par deux médecins « indépendants ». Les praticiens pourront faire valoir une clause de conscience. Un système de « consentement préalable » est d’ores et déjà prévu.
D’autres textes en cours d’examen au Royaume-Uni
« Dans le petit nombre d’endroits qui ont légalisé l’aide médicale à mourir, nous voyons la vie de personnes vulnérables mise en danger, avec des garanties et des restrictions supprimées, tandis que les soins palliatifs ne s’améliorent pas comme certains l’ont prétendu à tort », rappelle Gordon Macdonald, de Care Not Killing, une alliance opposée au suicide assisté (cf. Belgique, Pays-Bas, … : les soins palliatifs moins développés dans les pays qui autorisent l’euthanasie). A l’occasion d’une enquête de l’Isle of Man Medical Society réalisée en 2023, un tiers des médecins avaient déclaré qu’ils envisageraient de quitter l’île si le suicide assisté était autorisé.
Une proposition de loi est étudiée actuellement par le Parlement britannique (cf. Loi sur la fin de vie au Royaume-Uni : le rejet d’amendements, protégeant notamment les personnes trisomiques, pourrait faire basculer le vote). Illégal en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, le suicide assisté est passible de 14 ans de prison « en cas d’aide ou d’incitation ». La pratique n’est pas criminalisée en Ecosse mais « une personne aidant quelqu’un à mourir peut être poursuivie pour homicide volontaire ». Un texte est également en cours d’examen par le Parlement écossais (cf. Fin de vie : l’Ecosse en marche vers la légalisation de « l’aide à mourir » ?) et le sujet sera au menu des débats « dans le courant de l’année » sur l’île de Jersey (cf. Jersey : un pas de plus vers l’« aide à mourir »).
Complément du 20/04/2026 : Le gouvernement britannique a déclaré que des modifications devront être apportées au projet de loi sur l’« aide à mourir » de l’île de Man avant qu’il ne puisse recevoir la sanction royale. Dans une lettre adressée au gouvernement mannois, David Lammy, en sa qualité de Lord Chancelier, a indiqué que « certaines garanties juridiques essentielles, bien que reconnues, n’étaient pas directement inscrites dans le projet de loi de 2023 sur l' »aide à mourir » ».
Graham McAll, membre de Manx Duty of Care, un groupe de professionnels de santé qui a milité contre le texte, a déclaré que cette réaction « montre que les personnes vulnérables ne sont pas suffisamment protégées contre la contrainte dans notre projet de loi ». Il a ajouté qu’il s’agissait d’une « législation très complexe » et que l’île de Man devrait « laisser le Royaume-Uni régler d’abord ce problème ».
[1] Cette dépendance de la Couronne britannique compte 84.500 habitants. Situé entre l’Angleterre et l’Irlande, le territoire fixe ses propres lois.
Sources de la synthèse de presse : BBC, Ashlea Tracey (25/03/2025) ; AFP (25/03/2025) ; BBC, Alex Blake et Rebecca Brahde (18/04/2026)