Des chercheurs obtiennent des menstruations sur des organoïdes, et observent la régénération des tissus

Publié le 8 mai 2026
Des chercheurs obtiennent des menstruations sur des organoïdes, et observent la régénération des tissus
© iStock - Nuttawan Jayawan

Des chercheurs ont mis au point des organoïdes capables de se régénérer à l’instar de l’endomètre, la muqueuse utérine qui se détache et se reforme au cours du cycle menstruel. L’équipe a utilisé ces « structures miniatures en 3D » pour simuler des processus de réparation rarement observés.

L’endomètre possède une capacité unique à se réparer après la desquamation menstruelle sans laisser de cicatrices, mais le mécanisme à l’œuvre reste un mystère. Jusqu’à cette étude, il était difficile de reproduire ce processus en laboratoire et son étude chez l’homme est trop invasive, affirme Konstantina Nikolakopoulou, biologiste moléculaire au sein de l’Institut Friedrich Miescher pour la recherche biomédicale à Bâle et co-auteur de l’étude (cf. Des chercheurs implantent des embryons humains dans des « modèles » de muqueuse utérine). Les scientifiques ont publié leurs résultats dans la revue Cell Stem Cell[1].

Reproduire le cycle menstruel

Pour obtenir ces organoïdes, les chercheurs ont effectué une biopsie de l’endomètre d’une femme, séparé les différents types de cellules et mélangé uniquement les cellules épithéliales — le principal tissu de l’endomètre — avec une « membrane gélatineuse ». Cela a permis aux cellules de s’auto-organiser en une structure sphérique creuse qui se comportait comme l’endomètre.

Les chercheurs ont ensuite reproduit le cycle menstruel. Ils ont tout d’abord traité les organoïdes avec de l’œstrogène et de la progestérone avant de les retirer, ce qui se produit naturellement via l’activité des ovaires. Chez la femme, la diminution de la progestérone provoque la desquamation de l’endomètre, ou menstruation. Le type de cellules déclenchant cette desquamation n’était pas présent dans l’organoïde, ce qui a obligé l’équipe à « désagréger mécaniquement » le tissu à l’aide d’une pipette. Ils ont ensuite observé sa régénération, à l’instar de ce qui se passe dans un endomètre humain.

Etudier l’endométriose ou la cicatrisation

La chercheuse explique que les organoïdes sont « simples » et ne contiennent que des cellules épithéliales, plutôt qu’un microenvironnement complet composé de divers types de cellules, telles que les cellules immunitaires, stromales et endothéliales, et de composants tels que l’oxygène et le sang. Il vaut mieux d’abord comprendre comment « décomposer le puzzle, puis commencer à augmenter la complexité », considère-t-elle.

Les connaissances acquises sur la réparation de l’endomètre pourraient aider les scientifiques à mieux comprendre les maladies gynécologiques telles que l’endométriose, mais elles pourraient également servir la recherche sur la régénération d’autres tissus.

[1] Nikolakopoulou, K. et al. Cell Stem Cell (2026) https://doi.org/10.1016/j.stem.2026.04.005

Source de la synthèse de presse : Nature news, Claudia Steiner (01/05/2026)