Feu vert de la FDA : un implant cérébral pour traiter la dépression bientôt testé sur l’homme

Publié le 8 mai 2026
Feu vert de la FDA : un implant cérébral pour traiter la dépression bientôt testé sur l’homme
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La start-up Motif Neurotech a annoncé le 27 avril que la Food and Drug Administration (FDA) avait approuvé aux Etats-Unis un essai clinique visant à tester sur l’homme l’implant cérébral qu’elle a développé pour traiter la dépression.

Un traitement via une casquette

De la taille d’une « myrtille », l’interface cerveau-ordinateur sera placée dans le crâne, au-dessus de la dure-mère, au cours d’une intervention ambulatoire qui devrait durer 20 minutes. Elle ne nécessite pas de chirurgie cérébrale, et permet d’activer la partie du cerveau responsable des fonctions cognitives supérieures, sous-active en cas de dépression sévère, en délivrant une stimulation électrique.

Une technologie magnétoélectrique sans fil, développée par Jacob Robinson, cofondateur et PDG de Motif Neurotech, permet au dispositif de fonctionner. Les patients recevront le traitement grâce à une casquette qu’ils mettront durant la stimulation. Celle-ci indique à l’implant la quantité de stimulation prescrite. Durant les premiers jours du traitement, les patients devraient a priori porter la casquette entre 10 et 20 minutes, plusieurs fois par jour. Son port sera ensuite moins fréquent mais permettra de maintenir la stimulation.

« L’équivalent en santé mentale, d’un capteur de glucose en continu pour le diabète »

« Grâce à une stimulation électrique fréquente, nous pensons pouvoir stimuler la neuroplasticité qui renforce les connexions au sein du réseau exécutif central chez les patients souffrant de dépression afin qu’ils puissent se lever le matin, appeler leurs amis et aller à la salle de sport » indique le PDG de Motif Neurotech. « Nous espérons que les patients commenceront à montrer des signes de réponse et pourront même entrer en rémission au cours des 10 premiers jours de traitement » poursuit-il.

« L’objectif est que cette technologie devienne l’équivalent en santé mentale, d’un capteur de glucose en continu pour le diabète » ajoute Jacob Robinson. Il espère que les futures versions de l’implant permettront d’enregistrer et de surveiller l’activité cérébrale au fur et à mesure, ce qui aidera les médecins à prescrire une stimulation personnalisée.

Une première étude de faisabilité

La stimulation électrique est déjà utilisée depuis longtemps pour traiter la dépression, notamment lorsque les antidépresseurs n’ont pas d’effets. En revanche, la « stimulation cérébrale profonde », qui consiste à implanter chirurgicalement des électrodes dans le cerveau, n’est pas approuvée par la FDA (cf. Santé, performance, « bien-être » : face au développement des neurotechnologies, l’urgence d’une prise de conscience).

Le but principal de l’étude de faisabilité désormais autorisée par l’agence est de confirmer la sécurité de l’implantation de l’interface sur un an. Les scientifiques observeront aussi si les patients présentent une réduction significative de leurs symptômes. Ils surveilleront leur qualité de vie, ainsi que leur niveau d’anxiété et leurs fonctions cognitives.

L’essai sera mené sur environ 10 adultes souffrant de dépression sévère ayant eu recours, sans succès, à différents traitements. Il aura lieu dans plusieurs centres médicaux, dont le Baylor College of Medecine et le Massachusetts General Brigham, afin de faire des tests sur différents profils de patients.

Cette première étude a lieu seulement quatre ans après la création de Motif Neurotech.

Près de 3 millions d’Américains présentent une dépression résistante aux traitements

En 2021, une étude avait montré qu’environ de 9 millions d’adultes sont traités chaque année pour un trouble dépressif majeur aux Etats-Unis. Parmi eux, près de 3 millions présentent une dépression résistante aux traitements.

D’autres entreprises, comme Neuralink, Paradromics et Synchron travaillent sur des technologies similaires à celle de l’implant de Motif Neurotech afin d’aider les personnes paralysées à communiquer et à utiliser des ordinateurs (cf. Neuralink : Elon Musk annonce une troisième implantation; Un autre concurrent de Neuralink commence à tester son implant cérébral).

Sources de la synthèse de presse : Wired (27/04/2026) ; Journal du Geek (03/05/2026)