Espaces de télémédecine dans les gares : « Le modèle économique reste un enjeu clé »
En novembre 2023, SNCF Gares & Connexions, une filiale du groupe ferroviaire, annonçait la création, d’ici 2028, d’espaces de télémédecine « dans près de 300 gares » situées dans les territoires ne disposant pas « d’une couverture médicale suffisante » (cf. Télémédecine : des cabines installées dans 300 gares d’ici à 2028).
En mai 2025, un premier espace a ouvert à Epinay-sur-Orge, une commune de l’Essonne sans médecins généralistes (cf. Télémédecine : un premier espace ouvert dans une gare SNCF). La structure a « nécessité un investissement de 400 000 € » selon Antoine Molinié, patron de Doxamed[1], société avec qui Gares & Connexions a signé une convention d’exclusivité.
Avec « plus d’un millier de patients reçus », la filiale de la SNCF estime que « l’expérimentation est une réussite ». Elle « valide la pertinence du concept ». Antoine Molinié se dit lui aussi très satisfait par ce premier essai, malgré le coût supporté par sa société. L’annonce de l’ouverture du centre avait en revanche suscité de fortes oppositions dans le milieu médical, l’Ordre des médecins affichant « sa vive inquiétude » (cf. Télémédecine : attention aux « dérapages »). Aucune autre ouverture n’a cependant eu lieu depuis. Selon Doxamed, une seconde implantation pourrait toutefois être prochainement créée, « toujours en région parisienne ».
Des obstacles économiques
« Nous travaillons activement à la recherche de partenariats durables pour pérenniser ce service » explique un porte-parole de SNCF Gares & Connexions. « Le modèle économique reste un enjeu clé : il est indispensable d’embarquer des partenaires pour passer à une phase de généralisation » poursuit-il.
La SNCF et Doxamed espéraient un cofinancement des Régions qui n’a pas eu lieu suite aux restrictions budgétaires de fin 2023. Désormais, des entreprises, nationales ou régionales, seraient prêtes à s’associer, sous réserves de ne pas être seules.
La création des « Maisons France Santé » voulues par le gouvernement afin de « bâtir une offre de soins à moins de 30 minutes de chaque Français » pourrait aussi être une piste, d’autant que ces structures bénéficieront de subventions. Des négociations seraient en cours.
Quoi qu’il en soit, il est peu probable que 300 espaces de télémédecine puissent être crées dans des gares d’ici à 2028.
[1] Ex Loxamed
Source de la synthèse de presse : Ouest France, Philippe Richard (15/04/2026)