Colombie : le gouvernement approuve l’euthanasie des mineurs
Une nouvelle mesure réglementaire prise par le ministère colombien de la Santé le 28 avril[1] a élargi le champ d’application de l’euthanasie au-delà des maladies en phase terminale pour y inclure les pathologies non terminales, les troubles psychiatriques et les mineurs.
En Colombie, le Parlement n’a pas adopté la dépénalisation de l’euthanasie. C’est par le biais de la jurisprudence constitutionnelle et de la réglementation que la pratique s’est installée depuis sa dépénalisation en 1997 par la Cour constitutionnelle (cf. Colombie : un premier pas de la Chambre des représentants vers une loi autorisant l’euthanasie).
L’euthanasie possible dès 6 ans
Désormais, l’euthanasie est autorisée en cas de « maladie grave et incurable », une catégorie élargie pour inclure les cas liés à une maladie mentale. Il s’applique également aux patients souffrant de « lésions corporelles graves ». Et les mineurs âgés de 12 ans et plus pourront demander l’euthanasie dans les mêmes conditions que les adultes.
Les enfants âgés de 6 à 12 ans pourront aussi être considérés comme éligibles s’ils font preuve de ce que le règlement qualifie de « développement neurocognitif et psychologique exceptionnel », suffisant pour prendre une décision « libre, volontaire, éclairée et sans équivoque », et si « leur compréhension de la mort correspond à celle attendue d’un enfant âgé de 12 ans ou plus ».
« Une aberration » et « une défaite morale »
Cette disposition a immédiatement suscité une vive controverse politique. Pour le sénateur Mauricio Giraldo, cette mesure est « une aberration ». Il la qualifie aussi de « défaite morale pour la nation » car elle place l’autorité de l’État au-dessus de celle des familles en matière de vie et de mort.
Le sénateur a indiqué qu’il contesterait cette résolution « par des voies juridiques, législatives et civiques ».
[1] résolution 0813-2026
Source de la synthèse de presse : Zenit (05/05/2026)