« Depuis quatre ans, aucune de nos inquiétudes n’a été prise en compte » : les soignants demandent au Premier ministre de les entendre sur l’« aide à mourir »

Publié le 26 mai 2026
« Depuis quatre ans, aucune de nos inquiétudes n’a été prise en compte » : les soignants demandent au Premier ministre de les entendre sur l’« aide à mourir »
© iStock

« Il serait profondément incompréhensible qu’une loi d’une telle gravité soit imposée par une faible majorité de députés, au mépris des réalités du monde du soin. » Alors que la date de la commission mixte paritaire relative à la proposition de loi sur l’« aide à mourir » reste à fixer, le collectif Soins de vie interpelle le Premier ministre. Les vingt organisations professionnelles et sociétés savantes qui représentent des professionnels de santé réclament une « audience urgente » avec celui qui détient les clés de la suite du processus parlementaire (cf. « Aide à mourir » : le gouvernement maintient son calendrier). « Cette loi n’est pas la mienne », avait affirmé Sébastien Lecornu lors de sa nomination à Matignon.

Les soignants ont été « tenus à l’écart de l’élaboration d’un texte qui les concerne pourtant directement »

« Depuis quatre ans, aucune de nos inquiétudes n’a été prise en compte » « comme celles sur le handicap ou la liberté des établissements par exemple », s’insurge la présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), le Dr Ségolène Perruchio. Et le processus parlementaire « n’a pas permis de faire vraiment évoluer le texte », observe-t-elle.

Les soignants ont été « tenus à l’écart de l’élaboration d’un texte qui les concerne pourtant directement ». « Ce dédain constitue une faute grave envers ceux que la République charge d’accompagner les plus vulnérables, dans un contexte qui voit pourtant notre pays manquer de soignants », plaide le collectif.

Et les étudiants ont rejoint le mouvement, sans toutefois être unanimes vis-à-vis de la loi en préparation : « Alors que la majorité de notre patientèle dans les prochaines années sera composée de personnes âgées, nous avons très peu de formation sur la prise en charge de la fin de vie et la gestion de la souffrance, déplore le vice-président de l’association nationale des étudiants en médecine (Anemf), François Coquard. Dans notre formation, il y a plus de temps consacré à des maladies très rares qu’aux soins palliatifs. »

Le loi n’est pas votée mais la HAS est déjà au travail

Et, alors que le Parlement achève seulement sa deuxième lecture, la Haute Autorité de santé (HAS) a déjà été saisie début février par le ministère de la Santé pour travailler sur le thème des « substances létales pour l’aide à mourir et conditions d’administration ».

Dans l’objectif d’élaborer des recommandations sur les produits et protocoles d’administration, cinq réunions sont prévues. « La première pourrait avoir lieu fin juin », selon un mail consulté par Le Figaro, « et la dernière entre le 28 septembre et le 2 octobre » : « De quoi être prêt pour sortir rapidement les décrets d’application du texte et permettre la mise en œuvre de cette réforme sociétale avant la fin du quinquennat ».

L’appel des soignants, émis le 7 mai, est pour le moment resté lettre morte. En parallèle, une pétition a été lancée : « Je, soussigné Soignant, refuse de pousser la seringue qui tue ».

Sources de la synthèse de presse : Le Figaro, Agnès Leclair (26/05/2026) ; Je, soussigné Soignant, refuse de pousser la seringue qui tue (26/05/2026)