France : 150 demandes d’IMG par an pour « détresse psycho-sociale »

Publié le 11 février 2026
France : 150 demandes d’IMG par an pour « détresse psycho-sociale »
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Chaque année, en France, environ 150 femmes font une demande d’interruption médicale de grossesse (IMG) pour « détresse psycho-sociale ». Une étude sur le sujet vient d’être publiée dans la revue Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie[1]. Elle a été réalisée au moyen de questionnaires en ligne auprès des 48 Centres Pluridisciplinaires de Diagnostic Prénatal (CPDPN) de France.

Une subjectivité « encore plus importante »

Alors que 88% des CPDPN indiquent recevoir les patientes « systématiquement », seuls 15 centres disposent d’un parcours d’évaluation. Après évaluation, plus de la moitié d’entre eux indiquent accepter « majoritairement » les demandes d’IMG pour « détresse psycho-sociale ». Les motifs invoqués le plus fréquemment sont une grossesse issue d’un viol, une « détresse psychologique majeure », un « contexte de violences », ou encore « le jeune âge de la patiente ».

En matière d’IMG pour « détresse psycho-sociale », il n’existe pas de recommandation sur le parcours d’évaluation, soulignent les médecins. Dès lors « la subjectivité peut intervenir de façon encore plus importante que dans le cas d’une pathologie somatique, et les avis divergents peuvent parfois être source de tensions dans les équipes » (cf. Déclaration à venir de l’Association médicale mondiale sur l’IMG : nouvelles menaces sur la clause de conscience).

Un motif comme un autre pour avorter ?

Lors des derniers débats de la loi de bioéthique, les députés avaient tenté d’introduire la « détresse psycho-sociale » comme motif d’interruption médicale de grossesse jusqu’au terme (cf. Loi de bioéthique : sous couvert de détresse psycholosociale, les députés détournent l’IMG). Une disposition supprimée par les sénateurs en deuxième lecture, la possibilité existant déjà. Alors ministre de la Santé, Olivier Véran avait d’ailleurs indiqué en avril 2020, qu’« en cas de recours tardif à l’avortement c’est-à-dire au-delà de 12 semaines de grossesse, les médecins pourront désormais utiliser « la détresse psychosociale » comme motif d’interruption volontaire de grossesse par aspiration, si elle met en péril la santé de la mère ». L’objectif étant, pendant la crise du Covid, de « s’assurer que toutes les femmes puissent trouver une solution d’accès à l’IVG durant cette période » (cf. IVG : vers l’utilisation de la détresse psychosociale pour des avortements hors délai ?).

Les auteurs de l’étude affirment que « quelle que soit la décision finale quant à la poursuite de la grossesse, un accompagnement médical, social et psychologique devrait être proposé ». Un tel accompagnement n’est-il pas indispensable pour toutes les femmes en difficulté face à une grossesse ? (cf. IVG : une femme témoigne « ce n’était pas « mon choix », mais « ma peur »»)

[1] Anne Paria et al., Interruption médicale de grossesse pour détresse psycho-sociale: état des lieux des pratiques en France – 31/01/26 Doi : 10.1016/j.gofs.2026.01.014