La Chine approuve la commercialisation d’un implant cérébral

Publié le 24 mars 2026
La Chine approuve la commercialisation d’un implant cérébral
© iStock - buraratn

La Chine a approuvé un implant cérébral destiné aux personnes souffrant de « paralysie sévère » afin de les aider à retrouver l’usage de leurs mains. Cette interface cerveau-ordinateur (BCI[1]) est « la première au monde » à être disponible en dehors du cadre d’essais cliniques.

« Une étape majeure »

Autorisé au début du mois de mars par l’Administration nationale des produits médicaux, le dispositif baptise NEO[2] a été développé par Neuracle Medical Technology à Shanghai, en Chine. Il sera accessible aux personnes âgées de 18 à 60 ans souffrant d’une paralysie touchant l’ensemble de leurs membres et causée par une lésion au niveau cervical de la moelle épinière. Leur état de santé devra être stable depuis 6 mois et les patients devront avoir encore une « fonction partielle » du haut du bras.

Pour Zhengwu Liu, ingénieur à l’université de Hong Kong qui a collaboré avec l’équipe NEO, « cette autorisation constitue une étape majeure pour l’ensemble du domaine de la recherche sur les BCI » (cf. Implants cérébraux : l’intérêt, et les craintes, de l’Académie de médecine).

D’autres développements

Plusieurs interfaces cerveau-ordinateur font actuellement l’objet d’essais cliniques de long terme. L’année dernière, Paradromics, une entreprise de neurotechnologies basée à Austin, au Texas, a obtenu l’autorisation de tester une BCI permettant de restaurer la parole chez deux personnes qui avaient perdu son usage (cf. Un autre concurrent de Neuralink commence à tester son implant cérébral).

Par ailleurs, Neuralink, une entreprise spécialisée dans les implants cérébraux basée à Fremont, en Californie, et fondée par Elon Musk, a indiqué au mois de janvier que 21 personnes avaient été recrutées pour participer aux essais de ses dispositifs (cf. Sam Altman lance une start-up pour concurrencer Neuralink). Ceux-ci ont débuté en 2024 (cf. Neuralink : Elon Musk annonce une troisième implantation).

De premiers résultats encourageants

Le dispositif NEO, de la taille d’une pièce de monnaie, est implanté dans le crâne, avec huit électrodes placées sur un côté du cerveau pour enregistrer l’activité électrique lorsque la personne imagine bouger sa main opposée. Les signaux sont envoyés à un ordinateur pour être décodés, puis utilisés pour contrôler un gant, permettant ainsi aux personnes de saisir et de déplacer des objets afin d’accomplir des tâches quotidiennes telles que manger et boire.

Dans un pré-publication[3] dévoilée l’année dernière, les chercheurs indiquent qu’une personne ayant utilisé le dispositif pendant neuf mois était capable de manger et de boire avec sa main droite, tâches qu’elle ne pouvait pas accomplir avant l’implantation de l’interface. Sa capacité à « saisir, tenir, pincer et, de manière générale, à bouger sa main droite » s’est améliorée. En outre, les capacités de sa main gauche, avec laquelle elle n’avait pas utilisé le gant, se sont elles aussi améliorées, « mais dans une moindre mesure ». Ce patient participait à un essai clinique visant à tester la sécurité et l’efficacité du dispositif pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois après l’implantation.

Selon Chen Liang, neurochirurgien à l’hôpital Huashan de l’université Fudan à Shanghai, impliqué dans les essais cliniques du dispositif, 32 personnes ont jusqu’à présent reçu cet implant et toutes ont pu effectuer un mouvement de préhension à l’aide d’un gant robotique souple, une action qu’elles ne pouvaient pas réaliser auparavant.

Un dispositif invasif mais moins que certains concurrents

Le dispositif semble sûr et fonctionne, reconnait Avinash Singh, chercheur dans le domaine des BCI à l’Université de technologie de Sydney, en Australie. Mais l’échantillon est « très restreint » tempère-t-il. « Le nombre de patients implantés est important », considère au contraire Guillaume Charvet, responsable de l’unité de recherche biomédicale en neurotechnologie au Centre Clinatec du CEA Grenoble.

Avinash Singh souligne que le système NEO « se distingue » des autres dispositifs actuellement testés. Il est notamment moins invasif que celui de Neuralink (cf. Un premier implant Neuralink chez l’homme, le « spectre d’un nouvel esclavage » ?). En effet, les électrodes sont implantées directement dans le cerveau, plutôt que d’être placées à sa surface mais il utilise une « implantation extradurale mini-invasive » et repose sur une technologie sans fil. Cela pourrait expliquer pourquoi NEO a été approuvé « si rapidement », alors que d’autres interfaces en sont encore au stade des essais cliniques.

Une autorisation qui a été délivrée dans le contexte de la publication du 15e plan quinquennal de Pékin. Ce dernier plan a qualifié le secteur d’ « industrie d’avenir » et les interfaces cerveau-ordinateur de « prioritaires » (cf. Une antenne de la taille d’un grain de sable pour alimenter les implants).

[1] Brain-computer interface

[2] Pour Neural Electronics Opportunity

[3] Liu, D. et al. Preprint medRxiv https://doi.org/10.1101/2024.09.05.24313041 (2025)

Sources de la synthèse de presse : Nature news, Rachel Fieldhouse et Xiaoying You (16/03/2026) ; Le Figaro, Soline Roy (18/03/2026) ; Reuters (13/03/2026)