« La dernière digue contre une précipitation que rien ne justifie » : le Sénat reporte sa 2e lecture des textes sur la fin de vie

Publié le 24 mars 2026
« La dernière digue contre une précipitation que rien ne justifie » : le Sénat reporte sa 2e lecture des textes sur la fin de vie
© Pixabay

L’examen en deuxième lecture par le Sénat des deux propositions de loi relatives à la fin de vie est reporté. Initialement prévu au tout début du mois d’avril, le débat parlementaire se tiendra du 11 au 13 mai. En conséquence, l’examen en commission des Affaires sociales programmé ce 25 mars est annulé.

Ce report fait suite à une demande de la commission des Affaires sociales du Sénat, précise une source gouvernementale. Toutefois « cela ne remet pas en cause le calendrier, à savoir la fin de la navette parlementaire avant l’été », ajoute-t-elle.

« Le Sénat n’est pas une chambre d’enregistrement »

Dans une tribune publiée par le Figaro lundi, les deux sénateurs LR corapporteurs de la proposition de loi, dénonçaient un calendrier précipité : « Le Sénat n’est pas une chambre d’enregistrement. Il est, par vocation institutionnelle, la chambre de la réflexion et du temps long, chargée d’apporter la pondération que l’urgence politique interdit parfois à l’Assemblée nationale. Il est aujourd’hui la dernière digue contre une précipitation que rien ne justifie » (cf. Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon : « Loi sur la fin de vie, le Sénat ne peut pas délibérer dans la précipitation »).

« Il faut regarder en face ce qui s’est passé au Palais-Bourbon, interpellent Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon. La proposition de loi n’a été adoptée qu’à une courte majorité. » Or, « sur un sujet aussi fondamental et irréversible, cette fragilité arithmétique n’est pas un détail : c’est un signal politique majeur. Ce texte ne fait pas consensus. Il divise profondément les représentants de la nation comme la société française. » (cf. Une nouvelle enquête sur la « fin de vie » montre que les Français accordent la priorité aux soins palliatifs, pas à l’euthanasie)

« La précipitation est une faute politique et, sur un tel sujet, une faute morale »

« En tant que corapporteurs, nous le disons sans ambiguïté : la précipitation est une faute politique et, sur un tel sujet, une faute morale », dénoncent-ils.

Dès lors, « si ce texte était adopté ainsi – à quelques voix près, contre l’avis du Sénat, contre l’avis des soignants, au mépris des garde-fous du CCNE -, il porterait en lui dès sa naissance le germe de sa propre illégitimité ».

Sources de la synthèse de la presse : AFP (24/03/2026) ; Le Figaro, Christine Bonfanti-Dossat et Alain Milon (24/03/2026)