PMA : une femme donne naissance à des « jumeaux », l’un conçu naturellement, l’autre après un don d’ovocyte
« Certaines situations ne peuvent se résoudre qu’avec des tests génétiques à des fins généalogiques. » Dans le cadre de la publication de son rapport annuel, la Commission d’accès des personnes nées d’une assistance médicale à la procréation aux données des tiers donneurs (CAPADD) propose des « réflexions prospectives ». L’une d’elle porte sur la légalisation des tests génétiques à des fins généalogiques, une revendication pour la prochaine révision de la loi de bioéthique (cf. Connaitre ses origines oui, mais pas dans un but médical : un « comité citoyen » recommande de faire évoluer la loi sur les tests génétiques). Une proposition de loi a déjà d’ailleurs été déposée en ce sens (cf. Donneurs de gamètes « ancien régime » : « un anonymat absolu leur a été promis, et il me semble fondamental que cet engagement soit respecté »).
La CAPADD considère que les tests génétiques à des fins généalogiques « pourraient conforter, dans certains cas, les missions de la commission dans la recherche des origines ».
« Il en est ainsi lorsqu’un couple, suivi en tant que receveurs d’ovocytes après échec d’AMP intraconjugale pendant de nombreuses années, bénéficie du transfert d’un embryon conçu à partir d’un don d’ovocytes et que, concomitamment au transfert de l’embryon, le couple réussit à concevoir naturellement un deuxième embryon lors d’un cycle spontané et, ainsi, donne naissance à des jumeaux donc un enfant issu du don d’ovocyte et un enfant conçu en intraconjugal », illustre la commission. Or « cette situation n’est pas qu’hypothétique », précise-t-elle : « elle a déjà été signalée à l’étranger (en Australie en 2025) et en France (en 2026) ».
« Dans une telle situation, seul un test génétique permet d’apporter une réponse à la personne en quête de ses origines », souligne la CAPADD. Mais ce n’est pas la seule question. Au-delà de l’accès aux origines, ces cas interrogent. Comment en arrive-t-on à proposer une procédure lourde, un transfert d’embryon avec un don d’ovocytes, à un couple qui manifestement n’en avait pas besoin ? (cf. PMA, GPA : les grossesses issues d’un don d’ovocytes plus à risque) Certains médecins auraient-ils d’autres intérêts à cœur que celui de leurs patients ? (cf. PMA : la procréation attire les fonds d’investissement)